Ashraf Ferhat, 21 ans, vient de signer une performance qui dépasse le cadre sportif. En mai 2024, ce coureur cycliste originaire de Blida a battu des records sur piste en Europe, attirant l’attention des médias algériens et internationaux. Selon El Moudjahid, ses chronos en poursuite individuelle et en kilomètre départ arrêté placent l’Algérie sur la carte mondiale du cyclisme. Mais au-delà des médailles, cette percée ouvre des opportunités économiques concrètes pour les entrepreneurs locaux et la diaspora.
Un athlète qui attire les sponsors
Pour les entrepreneurs, cela signifie une niche à exploiter : la production locale de vélos et d’équipements sportifs. Actuellement, 90 % du matériel utilisé par les cyclistes algériens est importé, principalement d’Europe et d’Asie. Des start-up comme VéloDZ, basée à Alger, commencent à développer des cadres et accessoires adaptés aux routes algériennes. Ferhat pourrait devenir l’ambassadeur d’une filière encore embryonnaire, mais prometteuse.
Le cyclisme, un levier pour le tourisme sportif
Des agences comme Sport Travel Algérie, spécialisée dans les voyages sportifs, envisagent déjà des partenariats avec des clubs européens pour organiser des stages en Algérie. « Un coureur comme Ferhat peut attirer des équipes étrangères. Cela créerait une demande pour des hébergements, des services de restauration et des guides locaux », explique un responsable de l’agence, contacté par nos soins. Le secteur du tourisme sportif en Algérie génère actuellement moins de 5 milliards de dinars par an, un chiffre dérisoire comparé aux 30 milliards du Maroc.
La diaspora, un relais d’investissement
Des entrepreneurs de la diaspora pourraient financer des infrastructures, comme des vélodromes ou des pistes cyclables. À titre d’exemple, le vélodrome de Rouïba, construit en 2010, est aujourd’hui sous-utilisé. Une rénovation coûterait environ 200 millions de dinars, un investissement accessible pour des investisseurs privés. « La diaspora a les moyens et l’envie de soutenir des projets concrets. Il suffit de leur proposer des modèles viables », souligne un consultant en économie du sport.
Les défis à relever
Autre problème : l’absence de cadre juridique clair pour les partenariats public-privé. Les entreprises algériennes hésitent à investir dans le sport par crainte de bureaucratie ou de corruption. Pourtant, des pays comme le Rwanda ont montré qu’un soutien étatique fort, couplé à des investissements privés, peut transformer un secteur sportif en levier économique.
Un modèle pour d’autres disciplines
À retenir pour les entrepreneurs
Ashraf Ferhat ouvre une fenêtre pour les entrepreneurs algériens : le cyclisme peut devenir un secteur rentable, à condition de miser sur la production locale, le tourisme sportif et les investissements de la diaspora. Les opportunités existent, mais elles nécessitent des partenariats public-privé et une simplification des procédures administratives. Les prochains mois seront décisifs pour transformer cette dynamique en modèle économique durable.
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