La justice algérienne a placé récemment Djahid Zefizef, ancien président de la Fédération algérienne de football (FAF), en détention provisoire dans le cadre d’une enquête pour corruption. Cette décision, confirmée par plusieurs sources médiatiques dont Le360 Sport et l’Agence de Presse Africaine (APAnews), marque une étape importante dans les investigations menées contre d’anciens responsables du football national.
Selon les informations relayées par APAnews, Zefizef a été interpellé après des mois d’enquête portant sur des irrégularités financières présumées au sein de la FAF. Les soupçons concerneraient notamment des contrats douteux, des détournements de fonds et des favoritismes dans l’attribution de marchés liés à l’organisation d’événements sportifs. Le360 Sport précise que l’ancien dirigeant aurait été entendu par les services de la Brigade nationale de lutte contre la corruption (BNLCC) avant d’être placé en détention provisoire.
Cette affaire s’inscrit dans une série de poursuites visant d’anciens responsables de la FAF. En juillet 2024, Jeune Afrique avait révélé que trois ex-dirigeants de la fédération étaient soupçonnés de corruption, sans toutefois citer leurs noms. Les investigations avaient alors été lancées après des signalements émanant de la Cour des comptes algérienne, qui avait pointé des dysfonctionnements dans la gestion des finances de la FAF.
La détention de Zefizef intervient dans un contexte où le football algérien tente de se reconstruire après des années de turbulences. Sous sa présidence, la FAF avait été critiquée pour son manque de transparence, notamment dans la gestion des droits télévisuels et des contrats de sponsoring. Plusieurs clubs de Ligue 1 Mobilis avaient également dénoncé des retards dans le versement des subventions, alimentant les tensions entre la fédération et les acteurs du terrain.
D’après footafrique.com, cette affaire pourrait avoir des répercussions sur l’organisation des compétitions nationales. La finale de la Coupe d’Algérie, prévue pour le 30 avril 2026, reste toutefois maintenue, selon la même source. Les autorités sportives algériennes, conscientes des enjeux, ont multiplié les déclarations rassurantes ces dernières semaines. Le président Abdelmadjid Tebboune avait d’ailleurs salué récemment les performances des sportifs algériens, soulignant l’importance de « moraliser la gestion du sport national ».
Sur le plan juridique, la procédure contre Zefizef pourrait s’étendre à d’autres figures du football algérien. Des rumeurs persistantes évoquent des auditions imminentes de dirigeants de clubs et d’anciens membres du comité exécutif de la FAF. Les avocats de Zefizef n’ont pas encore réagi publiquement à son placement en détention, mais une source proche du dossier a indiqué à APAnews que la défense comptait contester la légalité de la procédure.
Cette affaire rappelle d’autres scandales qui ont ébranlé le football africain ces dernières années. En 2022, l’ancien président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad, avait été condamné pour corruption par la FIFA, avant d’être partiellement blanchi en appel. En Algérie, les autorités semblent déterminées à faire de ce dossier un exemple, dans un pays où le football occupe une place centrale dans la société.
Pour les supporters et les acteurs du football algérien, cette affaire est à la fois une source d’inquiétude et d’espoir. Inquiétude, car elle révèle l’ampleur des dérives qui ont pu gangrener la gestion du sport national. Espoir, car elle pourrait marquer le début d’une ère plus transparente, où les ressources du football seraient enfin utilisées au service des clubs, des joueurs et des supporters.
Les prochaines semaines seront cruciales. Si les investigations aboutissent à des condamnations, elles pourraient ouvrir la voie à une refonte en profondeur de la gouvernance du football algérien. Dans l’immédiat, les regards se tournent vers la justice, qui devra faire la lumière sur les responsabilités individuelles et collectives dans cette affaire.