L’Algérie fait face à une recrudescence sans précédent du trafic de cocaïne et de psychotropes, poussant les services de sécurité à intensifier leurs opérations. Selon El Moudjahid, qui a révélé récemment les détails de cette « narco-guerre », les saisies de stupéfiants ont atteint des records en 2025, avec plus de 12 tonnes de cocaïne interceptées depuis le début de l’année. Les autorités algériennes, soutenues par la Gendarmerie nationale et la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), multiplient les coups de filet contre les réseaux criminels, souvent liés à des groupes terroristes actifs dans le Sahel.
Des saisies record et des réseaux démantelés
La DGSN a également annoncé le démantèlement, en avril dernier, d’un laboratoire clandestin de fabrication de psychotropes dans la wilaya de Blida. Plus de 50 000 comprimés de tramadol et d’ecstasy ont été saisis, ainsi que des précurseurs chimiques importés illégalement de Turquie. Le chef du réseau, un ressortissant algérien résidant en Espagne, a été interpellé à son arrivée à l’aéroport Houari-Boumediene.
Une menace transnationale
Le général Saïd Chengriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), a souligné lors d’une réunion récente avec les hauts responsables de la sécurité que « le narcotrafic constitue une menace directe pour la stabilité du pays et la santé de la jeunesse ». Il a appelé à une coordination renforcée entre les différentes agences de sécurité, ainsi qu’à une coopération accrue avec les pays voisins.
Des mesures législatives et technologiques
La Direction générale des douanes (DGD) a également mis en place un système de traçabilité des conteneurs, inspiré du modèle européen, pour identifier les expéditions suspectes. Ce dispositif, couplé à une surveillance accrue des frontières terrestres, a permis de réduire de 30 % les tentatives d’infiltration de drogue par les points de passage officiels.
Un impact social et sanitaire
Face à cette situation, le ministère de la Jeunesse et des Sports a lancé une campagne de sensibilisation dans les lycées et les universités, en collaboration avec des associations locales. Des ateliers sur les dangers de la drogue sont organisés dans les maisons de jeunes, tandis que des spots publicitaires diffusés à la télévision et sur les réseaux sociaux mettent en garde contre les conséquences du trafic et de la consommation.
Une coopération régionale indispensable
Le général Chengriha a salué cette initiative, soulignant que « la stabilité de l’Algérie dépend aussi de la sécurité de ses voisins ». Des patrouilles conjointes entre les forces algériennes et maliennes ont déjà été mises en place le long de la frontière sud, où les groupes armés liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et à l’État islamique (EI) sont actifs.
Un défi de longue haleine
Pour contrer ces pratiques, le gouvernement a créé une cellule de lutte contre la corruption au sein des services de sécurité, chargée d’enquêter sur les complicités internes. Par ailleurs, une ligne téléphonique anonyme a été mise en place pour permettre aux citoyens de signaler les activités suspectes liées au trafic de drogue.
La bataille contre le narcotrafic en Algérie est loin d’être gagnée, mais les mesures récentes montrent une volonté claire de reprendre le contrôle. Entre renforcement des lois, coopération régionale et sensibilisation de la population, le pays mise sur une approche multidimensionnelle pour protéger sa jeunesse et préserver sa stabilité.