Chanegriha cible le financement du terrorisme dans le Sud

Le général d’Armée Saïd Chanegriha a effectué récemment une visite de travail dans la 6e Région militaire, basée à Tamanrasset, pour superviser les opérations de lutte contre le terrorisme et les trafics illicites. Selon El Moudjahid, cette inspection s’inscrit dans une stratégie plus large de l’Armée nationale populaire (ANP) visant à assécher les sources de financement des groupes armés actifs dans le Sahel.

Lors de son déplacement, Chanegriha a souligné l’efficacité des unités déployées dans le Grand Sud, notamment dans la lutte contre le trafic de drogue et la contrebande. D’après L’Algérie Aujourd’hui, les forces armées ont intensifié leurs patrouilles le long des frontières avec le Mali et le Niger, où transitent armes, carburant et stupéfiants. Ces trafics alimentent non seulement les réseaux criminels, mais aussi les groupes terroristes comme Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et l’État islamique au Grand Sahara (EIGS).

Une approche multidimensionnelle
L’ANP combine plusieurs axes d’action. D’abord, le renforcement des capacités opérationnelles des brigades frontalières, équipées de drones et de systèmes de surveillance électronique. Algerie Patriotique rapporte que ces moyens ont permis de démanteler plusieurs convois de contrebandiers ces derniers mois. Ensuite, une coopération accrue avec les pays voisins, malgré les tensions régionales. Le général Chanegriha a rappelé que l’Algérie refuse toute ingérence étrangère dans la région, mais reste ouverte à des partenariats sécuritaires avec les États sahéliens.

Enfin, la lutte contre le blanchiment d’argent et les financements occultes. En mai 2025, les services de sécurité algériens ont arrêté 47 personnes et saisi des biens d’une valeur de 400 milliards de dinars dans une opération contre la fraude fiscale et le blanchiment, selon l’Établissement public de télévision (EPTV). Ces fonds, souvent liés à des réseaux transnationaux, serviraient à financer des activités terroristes.

Des résultats concrets
Les opérations menées dans le Sud ont donné des résultats tangibles. En avril 2026, l’ANP a annoncé la neutralisation de plusieurs cellules terroristes et la saisie de grandes quantités d’armes et de munitions. Le chef d’état-major a salué le travail des soldats, tout en insistant sur la nécessité de maintenir la pression. « La menace terroriste évolue, et nous devons adapter nos méthodes », a-t-il déclaré, cité par El Moudjahid.

La dimension technologique joue un rôle clé. Comme le souligne un rapport de l’Institut d’études de sécurité (ISS Africa), les groupes terroristes dans le Sahel utilisent de plus en plus des drones civils modifiés pour des attaques. L’ANP a donc renforcé ses capacités de détection et de neutralisation de ces engins, notamment dans les zones frontalières.

Un enjeu régional
La stabilité du Sud algérien est cruciale pour la sécurité de toute la région. Les trafics qui traversent le Sahara alimentent l’instabilité au Mali, au Niger et au Burkina Faso. L’Algérie, qui accueille des centaines de milliers de réfugiés sahéliens, assume un rôle de rempart contre l’expansion du terrorisme. Pourtant, cette position est parfois contestée. En avril 2026, la France a accusé Alger de « terrorisme d’État », une allégation rejetée par les autorités algériennes, qui y voient une tentative de déstabilisation.

Pour contrer ces accusations, l’Algérie mise sur la transparence de ses opérations. Les communiqués réguliers de l’ANP et les visites de terrain de Chanegriha visent à montrer une armée professionnelle, engagée dans une lutte légitime contre le terrorisme. Reste que les défis demeurent immenses : porosité des frontières, corruption locale et pression des groupes armés.

Une stratégie à long terme
L’ANP ne se contente pas de réponses militaires. Elle intègre aussi des volets économiques et sociaux. Dans les wilayas du Sud, des projets de développement sont lancés pour offrir des alternatives aux populations tentées par les trafics. Tamanrasset, Adrar et Illizi bénéficient ainsi d’investissements dans les infrastructures, l’éducation et la santé.

Cette approche globale semble porter ses fruits. Selon des sources sécuritaires citées par Algerie Patriotique, le nombre d’incursions terroristes a diminué de 30 % en 2025 par rapport à l’année précédente. Mais la vigilance reste de mise. Les groupes armés, affaiblis, pourraient chercher à se réorganiser ou à infiltrer de nouvelles zones.

L’Algérie, par la voix de son chef d’état-major, envoie un message clair : la lutte contre le terrorisme et ses financements est une priorité absolue. Une priorité qui passe par des opérations militaires ciblées, une coopération régionale renforcée et une volonté politique sans faille.

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