Algérie ferme SOS Disparus une ONG historique

La dissolution de l’association SOS Disparus, annoncée récemment par les autorités algériennes, marque un tournant dans le paysage des organisations de défense des droits humains en Algérie. Fondée en 1998 par des familles de disparus de la décennie noire, cette ONG était devenue un symbole de la lutte pour la vérité et la justice. Sa fermeture, justifiée par des « irregularités administratives » selon un communiqué du ministère de l’Intérieur, suscite des réactions contrastées au sein de la société civile et au-delà des frontières nationales.

Une fermeture aux motifs contestés

La décision a été vivement critiquée par des organisations internationales. Amnesty International a qualifié cette mesure de « recul pour les droits humains en Algérie », tandis que Human Rights Watch a appelé les autorités à « réviser leur position ». Au Maroc, l’ONG marocaine des droits humains (OMDH) a également condamné la fermeture, soulignant que SOS Disparus était « un partenaire clé dans la recherche de la vérité pour les familles de disparus maghrébins ».

Un héritage de la décennie noire

La fermeture de SOS Disparus intervient dans un contexte où les associations de défense des droits humains en Algérie font face à des restrictions croissantes. En 2023, plusieurs ONG, dont la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), ont vu leurs demandes de renouvellement de reconnaissance rejetées. « C’est une stratégie pour étouffer les voix indépendantes », estime un juriste spécialisé dans les droits humains, interrogé par El Watan.

Réactions des familles et mobilisation

Des manifestations ont également eu lieu devant le siège de SOS Disparus à Alger, malgré les risques de répression. Les forces de l’ordre ont dispersé les rassemblements, mais les familles promettent de poursuivre leur mobilisation. « Nous ne nous tairons pas », a déclaré Nacera Dutour lors d’une conférence de presse improvisée devant les locaux fermés de l’association.

Un impact régional et international

Pour les observateurs, cette décision s’inscrit dans une tendance plus large de restriction des libertés associatives en Algérie. Depuis 2021, plusieurs lois ont été adoptées pour encadrer strictement les activités des ONG, notamment en matière de financement étranger. « L’État algérien veut contrôler le récit sur les disparus, mais il ne peut pas effacer 20 ans de travail », analyse un chercheur en sciences politiques, cité par Le Matin d’Algérie.

Que reste-t-il pour les familles ?

En attendant, les familles comptent sur le soutien de la société civile internationale. Des appels à la solidarité ont été lancés vers des ONG comme la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) ou Reporters sans frontières (RSF). « La fermeture de SOS Disparus ne fera pas taire les familles, mais elle complique leur quête de vérité », conclut un avocat spécialisé dans les droits humains.

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