Algérie et Royaume-Uni forment 1 000 professeurs d’anglais

Le ministère de l’Éducation nationale algérien a lancé un partenariat avec le British Council pour former 1 000 enseignants d’anglais à travers le pays, selon Algerie Eco. Ce programme, annoncé récemment, s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement des compétences linguistiques au sein du système éducatif algérien, où l’anglais occupe une place croissante depuis plusieurs années.

Un partenariat ciblé pour moderniser l’enseignement

Ce projet s’ajoute à d’autres initiatives similaires menées ces dernières années, notamment avec des partenaires américains et canadiens. En 2023, le ministère avait déjà collaboré avec l’ambassade des États-Unis pour former 500 enseignants via le programme English Access Microscholarship. La multiplication de ces partenariats reflète une volonté politique de diversifier les langues étrangères enseignées, alors que le français, longtemps dominant, voit son poids relatif diminuer dans les programmes scolaires.

L’anglais, une priorité stratégique

Cependant, cette transition s’accompagne de défis logistiques. Le manque d’enseignants qualifiés, notamment dans les zones rurales, a été pointé du doigt par plusieurs rapports du ministère. En 2024, une étude interne révélait que près de 30 % des postes d’anglais dans le secondaire étaient vacants ou occupés par des enseignants non spécialisés. Le programme actuel, en formant 1 000 professeurs, représente donc une réponse concrète à cette pénurie, même si son impact dépendra de sa mise en œuvre effective sur le terrain.

Des retombées attendues au-delà des salles de classe

Pour les enseignants concernés, cette formation représente une opportunité de se familiariser avec des méthodes interactives, souvent absentes des programmes de formation initiale en Algérie. « L’objectif n’est pas seulement d’améliorer le niveau d’anglais des professeurs, mais aussi de leur donner des outils pour rendre leurs cours plus dynamiques », explique un responsable du British Council cité par Algerie Eco. Les modules incluront des techniques d’enseignement centrées sur l’élève, l’utilisation des technologies numériques, et l’évaluation continue des compétences.

Un modèle à reproduire ?

Par ailleurs, la question des ressources humaines reste cruciale. Avec un corps enseignant vieillissant et un nombre insuffisant de nouveaux recrutements, l’Algérie peine à renouveler ses effectifs. Le gouvernement a annoncé en 2024 un plan de recrutement de 20 000 enseignants sur cinq ans, mais son application tarde. Dans ce contexte, les programmes de formation continue, comme celui mené avec le Royaume-Uni, apparaissent comme une solution complémentaire, bien que partielle.

Vers une nouvelle dynamique éducative ?

Pour les élèves algériens, l’amélioration de la qualité de l’enseignement de l’anglais pourrait ouvrir de nouvelles portes, notamment en matière d’emploi et d’études à l’étranger. Dans un pays où le chômage des jeunes dépasse les 20 %, selon les chiffres officiels, la maîtrise de cette langue est perçue comme un atout majeur. Reste à savoir si ces efforts se traduiront par des résultats concrets, tant sur le plan individuel que collectif.

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