Algérie et BAD lancent un fonds pour les PME africaines

L’Algérie et la Banque africaine de développement (BAD) ont officialisé récemment un partenariat visant à soutenir les start-up et les petites et moyennes entreprises (PME) à travers le continent. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’Intra-African Trade Fair (IATF) 2025, un événement majeur pour le commerce intra-africain, qui se tiendra en Algérie. Selon un communiqué de la BAD, ce partenariat vise à renforcer l’écosystème entrepreneurial en Afrique, avec un accent particulier sur les jeunes et les femmes entrepreneurs.

Le fonds, dont les détails financiers n’ont pas été entièrement dévoilés, sera géré conjointement par la BAD et les autorités algériennes. Il ciblera en priorité les secteurs porteurs comme les technologies, l’agro-industrie et les énergies renouvelables. « Ce partenariat est une étape clé pour dynamiser l’entrepreneuriat en Afrique, en particulier dans les pays où les PME peinent à accéder au financement », a déclaré un responsable de la BAD lors d’une conférence de presse tenue à Alger.

En Algérie, les PME représentent près de 90 % du tissu économique, selon les chiffres de l’Agence nationale de développement de la PME (ANDPME). Cependant, ces entreprises font face à des défis majeurs, notamment l’accès limité aux crédits bancaires et la complexité des procédures administratives. Le ministre des Finances, Laaziz Faid, a souligné que ce fonds permettrait de « lever les barrières qui freinent la croissance des PME algériennes et africaines ». Il a également précisé que des mécanismes de garantie seraient mis en place pour sécuriser les investissements.

Parmi les mesures concrètes annoncées, figure la création d’un guichet unique pour les entrepreneurs, qui simplifiera les démarches de création et de financement des entreprises. Ce dispositif sera testé en Algérie avant d’être étendu à d’autres pays africains. « L’objectif est de réduire les délais de traitement des dossiers de 60 % d’ici deux ans », a indiqué un responsable de l’ANDPME.

Le partenariat avec la BAD s’ajoute à d’autres initiatives récentes visant à soutenir les PME en Algérie. En juillet 2024, l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) avait lancé un programme d’ateliers sur la gestion de la propriété intellectuelle dans le secteur industriel. Ces ateliers, organisés en collaboration avec le ministère de l’Industrie, visent à sensibiliser les entrepreneurs aux enjeux de la protection des innovations et des marques.

Par ailleurs, l’Algérie a bénéficié d’un fonds de 100 millions d’euros sur trois ans, mis en place par des partenaires européens pour renforcer les projets internationaux des PME maghrébines. Ce fonds, annoncé par Classe Export, cible notamment les entreprises algériennes souhaitant exporter vers l’Europe et l’Afrique subsaharienne. « Ce financement permettra aux PME algériennes de se positionner sur de nouveaux marchés », a expliqué un expert en commerce international.

Malgré ces avancées, des obstacles persistent. Les entrepreneurs algériens pointent du doigt la lenteur des banques dans le traitement des demandes de crédit. « Les taux d’intérêt restent élevés, et les garanties exigées sont souvent hors de portée pour les petites structures », confie un jeune entrepreneur dans le secteur des technologies. Pour y remédier, le gouvernement a annoncé la création d’un fonds public de garantie, qui couvrira jusqu’à 70 % des risques pour les banques.

L’IATF 2025, qui se tiendra à Alger, sera l’occasion de présenter ces nouvelles mesures aux investisseurs africains et internationaux. Plus de 1 500 entreprises sont attendues, avec une forte participation des PME algériennes. « Cet événement sera un tremplin pour les entrepreneurs algériens, qui pourront nouer des partenariats et accéder à de nouveaux financements », a déclaré le ministre du Commerce, Tayeb Zitouni.

En parallèle, l’Algérie mise sur la formation pour renforcer les compétences des entrepreneurs. En octobre 2025, le ministère de la Formation professionnelle a annoncé l’ajout de nouvelles spécialités liées à l’environnement dans la nomenclature de la formation. Ces formations, axées sur les énergies renouvelables et la gestion des déchets, visent à préparer les PME aux défis de la transition écologique.

Pour les observateurs, ce partenariat avec la BAD marque une étape importante dans la stratégie algérienne de diversification économique. « L’Algérie a tout à gagner à s’ouvrir davantage au continent africain, où la demande en produits et services est en forte croissance », estime un analyste économique. Reste à voir si ces mesures suffiront à transformer les PME algériennes en véritables moteurs de croissance.

Les prochains mois seront décisifs. Les entrepreneurs attendent des résultats concrets, notamment en matière de simplification administrative et d’accès au financement. « Nous avons besoin de plus que des annonces. Il faut des actes », résume un chef d’entreprise du secteur agroalimentaire. La balle est désormais dans le camp des institutions, qui devront prouver leur capacité à accompagner efficacement les PME.

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