Le 2 mars 2021, l’ancien Premier ministre Abdelaziz Djerad a inauguré l’accélérateur de startups Algeria Venture au sein de Dounia Parc, à Alger. Ce projet, porté par le ministère de l’Économie de la connaissance, des Startups et des Micro-entreprises, marque une étape concrète dans la stratégie algérienne pour soutenir l’innovation et l’entrepreneuriat numérique. Selon El Nahar Online, qui a couvert l’événement, cet accélérateur vise à accompagner 50 startups par an, avec un accent particulier sur les secteurs des technologies de l’information, de l’agroalimentaire et des énergies renouvelables.
L’accélérateur Algeria Venture propose un programme de six mois incluant un financement initial, un mentorat par des experts locaux et internationaux, ainsi qu’un accès à des espaces de coworking équipés. Djerad a souligné lors de l’inauguration que ce dispositif s’inscrit dans le cadre de la loi de finances 2021, qui prévoit des incitations fiscales pour les jeunes entreprises innovantes. « L’Algérie ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation. Nous devons devenir un hub de création de valeur », a-t-il déclaré, citant des exemples comme l’entreprise locale Yassir, devenue une licorne africaine.
Un écosystème en construction
Le choix de Bab Ezzouar n’est pas anodin. La commune, qui abrite l’Université des sciences et de la technologie Houari Boumediene (USTHB), est un vivier de talents en ingénierie et en informatique. Algeria Venture compte d’ailleurs s’appuyer sur ces ressources locales pour former les porteurs de projets. Un partenariat avec l’USTHB a été annoncé pour permettre aux étudiants de participer à des ateliers pratiques et de bénéficier de bourses de recherche appliquée.
Des défis persistants
Autre défi : la fuite des cerveaux. Selon les chiffres du ministère de l’Enseignement supérieur, plus de 10 000 ingénieurs et diplômés en informatique quittent l’Algérie chaque année pour travailler à l’étranger, notamment en Europe et au Canada. Algeria Venture tente d’inverser cette tendance en offrant des salaires compétitifs et des opportunités de croissance. « Nous voulons montrer aux jeunes que l’Algérie peut être un terreau pour l’innovation. Il ne s’agit pas seulement de créer des emplois, mais de bâtir des entreprises qui rayonnent à l’international », affirme Fatima Zohra Benhamouda, directrice de l’accélérateur.
Des secteurs prioritaires
Enfin, les énergies renouvelables représentent un enjeu majeur pour un pays qui dépend encore à 90 % des hydrocarbures. Algeria Venture soutient des projets comme SolarTech, une startup qui conçoit des panneaux solaires low-cost pour les zones rurales. Selon El Watan, cette entreprise a déjà installé plus de 500 kits solaires dans la wilaya de Tamanrasset, en partenariat avec la Sonelgaz.
Un modèle inspiré des succès africains
Un premier appel à candidatures a été lancé en février 2021, avec une sélection basée sur l’innovation, la viabilité économique et l’impact social. Parmi les 200 dossiers reçus, 15 startups ont été retenues pour la première promotion. Parmi elles, MedTech, qui développe une application de télémédecine pour les zones reculées, et EcoPack, qui propose des emballages biodégradables pour les industriels.
Les prochaines étapes
Par ailleurs, un partenariat avec l’Union européenne a été signé en 2023 pour faciliter les échanges entre les startups algériennes et les marchés européens. Ce programme, baptisé Horizon Europe, prévoit des subventions et des formations pour les entrepreneurs algériens souhaitant s’internationaliser.
L’inauguration d’Algeria Venture à Dounia Parc marque un tournant dans la politique algérienne de soutien à l’innovation. Si les défis restent nombreux, ce projet montre une volonté claire de diversifier l’économie et de créer un écosystème favorable aux startups. Comme le résume Djerad : « L’Algérie a les talents, les ressources et la détermination. Il ne manque plus que les structures pour les faire grandir. »