Alger dénonce l’accord sécuritaire Maroc-Israël

L’Algérie a réagi avec fermeté à la signature, en novembre 2021, d’un accord sécuritaire entre le Maroc et Israël, qualifié de « menace directe » pour la stabilité régionale. Selon des déclarations officielles relayées par l’Agence Presse Service (APS), le ministère des Affaires étrangères algérien a exprimé sa « profonde préoccupation » face à ce partenariat, soulignant qu’il « exacerbe les tensions et compromet les efforts de paix au Maghreb et au Sahel ».

L’accord, présenté comme « sans précédent » par les médias internationaux, inclut des échanges en matière de renseignement, de cyberdéfense et de lutte contre le terrorisme. Rabat justifie cette coopération par la nécessité de moderniser ses capacités militaires, tandis qu’Alger y voit une provocation. Le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a déclaré lors d’une réunion avec des diplomates africains que « l’introduction d’acteurs extérieurs dans les équilibres régionaux ne peut qu’aggraver les crises existantes ».

Les relations entre l’Algérie et le Maroc se sont considérablement dégradées depuis la reconnaissance par les États-Unis, en décembre 2020, de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Alger, qui soutient le Front Polisario, a rompu ses relations diplomatiques avec Rabat en août 2021, accusant le royaume de « manœuvres hostiles ». La signature de cet accord avec Israël, perçue comme un alignement sur les positions américaines, a ravivé les tensions.

Une escalade aux répercussions régionales

Les analystes algériens, cités par El Watan, estiment que cette dynamique risque de transformer le Maghreb en un terrain de confrontation indirecte entre grandes puissances. « L’Algérie ne peut rester passive face à une militarisation croissante de la région », a affirmé un expert en relations internationales, soulignant que « la course aux armements et aux alliances pourrait déstabiliser toute la zone ».

Réactions internationales et position algérienne

Le président Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé, lors d’un discours à la nation en juillet 2025, que l’Algérie « ne tolérera aucune atteinte à sa sécurité ou à celle de ses voisins ». Il a également appelé à une « solution pacifique et négociée » pour le conflit sahraoui, tout en excluant toute normalisation avec Israël tant que la question palestinienne ne sera pas résolue.

Conséquences économiques et énergétiques

L’Algérie, via Sonatrach, a déjà annoncé des investissements massifs dans les énergies renouvelables et le gaz naturel liquéfié (GNL) pour conserver sa position de fournisseur clé de l’Europe. « Nous ne laisserons pas des manœuvres politiques compromettre nos intérêts stratégiques », a déclaré le PDG de Sonatrach, Rachid Hachichi, lors d’une conférence de presse en octobre 2025.

Vers une nouvelle phase de tensions ?

Pour l’Algérie, la priorité reste la défense de sa souveraineté et la stabilité régionale. « Nous ne cherchons pas l’escalade, mais nous ne reculerons pas face aux provocations », a déclaré un haut responsable du ministère de la Défense, sous couvert d’anonymat. La question sahraouie, toujours en suspens, continue de cristalliser les tensions, avec le risque d’une polarisation accrue du Maghreb.

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