Alger accueille le Sommet panafricain du numérique 2026

Le Palais des Nations d’Alger a ouvert ses portes mardi dernier pour le Sommet panafricain de la transformation numérique, un événement qui réunit jusqu’à vendredi des délégations de 42 pays africains, des représentants d’institutions internationales et des acteurs clés du secteur technologique. Selon l’Agence presse service (APS), ce sommet, organisé sous le haut patronage du président Abdelmadjid Tebboune, marque une étape dans la stratégie algérienne de positionnement comme hub numérique régional.

Le ministre de la Poste et des Télécommunications, Karim Bibi Triki, a souligné lors de la cérémonie d’ouverture que ce rendez-vous vise à « créer un écosystème continental capable de rivaliser avec les géants mondiaux du numérique ». Parmi les participants figurent des dirigeants de la Banque africaine de développement (BAD), de l’Union africaine (UA) et des entreprises comme Huawei, Orange et Microsoft. La présence de ces acteurs confirme l’intérêt croissant pour le marché africain, estimé à plus de 1,5 milliard d’utilisateurs d’internet d’ici 2030.

L’Algérie mise sur ce sommet pour présenter ses avancées en matière d’infrastructures numériques. Le pays a lancé en 2024 le projet « Algérie Numérique 2030 », qui prévoit un investissement de 1 200 milliards de dinars dans la fibre optique, les data centers et la cybersécurité. Selon des données du ministère, le taux de pénétration d’internet a atteint 75 % en 2025, contre 55 % en 2020. Le déploiement de la 5G, testé dans cinq wilayas depuis l’année dernière, devrait s’étendre à l’ensemble du territoire d’ici 2027.

Des partenariats concrets en discussion

Les discussions ont également abordé la question de la souveraineté numérique. Le ministre Bibi Triki a insisté sur la nécessité de « réduire la dépendance aux plateformes étrangères » en développant des alternatives locales. À ce titre, l’Algérie a lancé en 2025 sa propre plateforme de paiement en ligne, « Djezzy Pay », qui compte déjà 3 millions d’utilisateurs. Le sommet a aussi permis d’évoquer la création d’une agence panafricaine de régulation du numérique, une idée portée par l’Algérie et le Rwanda.

L’enjeu de la formation et de l’emploi

Le secteur privé n’est pas en reste. La start-up algérienne Yassir, spécialisée dans la mobilité et les services financiers, a annoncé un plan de recrutement de 1 000 développeurs d’ici 2026. Son fondateur, Nacer Kettane, a déclaré que « l’Afrique représente un marché immense, mais il faut former les talents localement pour éviter la fuite des cerveaux ». La société, valorisée à plus d’un milliard de dollars, a récemment ouvert des bureaux à Dakar et à Abidjan.

Des défis persistants

Un autre défi concerne la cybersécurité. Selon un rapport de l’entreprise américaine Palo Alto Networks, l’Algérie a enregistré une hausse de 180 % des cyberattaques en 2025 par rapport à 2023. Le sommet a permis de lancer une initiative panafricaine de lutte contre la cybercriminalité, avec la création d’un centre régional de réponse aux incidents de sécurité à Alger. Ce centre, financé par l’Union africaine, coordonnera les efforts des pays membres pour protéger leurs infrastructures critiques.

Une vitrine pour l’Algérie

Les retombées économiques sont déjà visibles. Plusieurs entreprises étrangères ont annoncé des investissements en Algérie à la suite du sommet. La société marocaine Inetum, spécialisée dans les services informatiques, a signé un accord pour ouvrir un centre de développement à Oran, avec à la clé 500 emplois. De son côté, le groupe français Capgemini a révélé son intention d’étendre ses activités à Alger, où il emploie déjà 200 personnes.

Le Sommet panafricain de la transformation numérique s’achèvera vendredi avec l’adoption d’une déclaration commune, qui devrait inclure des engagements concrets en matière de connectivité, de formation et de souveraineté numérique. Pour l’Algérie, cet événement marque une étape dans sa quête de leadership technologique en Afrique, tout en offrant une opportunité de diversifier une économie encore trop dépendante des hydrocarbures.

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