Une étude génétique publiée récemment par une équipe internationale de chercheurs a permis de reconstituer l’arbre généalogique de deux familles ayant vécu au néolithique dans le nord de l’Algérie. Selon Le Monde.fr, cette découverte, basée sur l’analyse d’ADN ancien, offre un éclairage inédit sur les structures sociales et les migrations des populations préhistoriques en Afrique du Nord.
Des sépultures vieilles de 7 000 ans
Les chercheurs ont pu établir que ces groupes vivaient il y a environ 7 000 ans, à une période où l’Algérie connaissait une transition majeure : le passage d’un mode de vie nomade de chasseurs-cueilleurs à une société sédentaire basée sur l’agriculture et l’élevage. Cette mutation, appelée révolution néolithique, a profondément transformé les dynamiques sociales et économiques de la région.
Une organisation familiale complexe
Ces résultats confirment l’hypothèse selon laquelle les sociétés néolithiques en Algérie étaient structurées autour de liens familiaux forts, avec une organisation sociale hiérarchisée. La présence de sépultures collectives, comme celles d’Afalou Bou Rhummel, témoigne d’une pratique funéraire élaborée, reflétant peut-être des croyances religieuses ou des rites communautaires.
Un pont entre l’Afrique et la Méditerranée
Les chercheurs soulignent que ces échanges génétiques pourraient être liés à la diffusion de l’agriculture et de l’élevage depuis le Proche-Orient vers l’Afrique du Nord. Des outils en pierre polie et des poteries retrouvés sur le site d’Afalou Bou Rhummel renforcent cette hypothèse, montrant des similitudes avec des artefacts découverts en Égypte et au Levant.
Enjeux pour la recherche archéologique algérienne
Par ailleurs, la protection de ces sites est un défi majeur. Afalou Bou Rhummel, comme d’autres sites néolithiques en Algérie, est menacé par l’érosion, les activités humaines et le manque de mesures de conservation. Une meilleure valorisation de ce patrimoine pourrait non seulement enrichir l’histoire nationale, mais aussi attirer des touristes et des chercheurs étrangers.
Une avancée scientifique aux implications multiples
Pour les Algériens, ces découvertes rappellent que leur pays a été un carrefour de civilisations bien avant l’Antiquité. Elles offrent aussi une occasion de réécrire l’histoire précoloniale, souvent éclipsée par les récits plus récents. En investissant dans la recherche archéologique et génétique, l’Algérie pourrait affirmer son rôle central dans l’histoire de l’humanité.