Tebboune lance 12 projets structurants d’ici 2028

L’Algérie prépare une série de grands chantiers pour moderniser ses infrastructures, avec un calendrier fixé jusqu’en 2028. Selon un communiqué récent de l’Algérie Presse Service (APS), le président Abdelmadjid Tebboune a validé douze projets structurants visant à renforcer les secteurs des transports, de l’énergie et des télécommunications. Ces initiatives s’inscrivent dans la continuité du plan quinquennal 2020-2024, prolongé pour consolider les réalisations et accélérer la diversification économique.

Parmi les projets phares figure la finalisation de l’autoroute Est-Ouest, dont certains tronçons restent inachevés depuis plus d’une décennie. Le ministère des Travaux publics a annoncé la reprise des travaux sur les sections manquantes, notamment entre Constantine et la frontière tunisienne, ainsi qu’entre Alger et Tlemcen. Ces axes doivent désenclaver les régions intérieures et fluidifier les échanges commerciaux avec les pays voisins. Les entreprises publiques Cosider et Sonelgaz sont mobilisées pour respecter les délais, avec un budget estimé à plus de 150 milliards de dinars.

Le secteur ferroviaire n’est pas en reste. La Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) a confirmé l’extension du réseau vers le Sud, avec la construction d’une ligne reliant Hassi Messaoud à Tamanrasset. Ce projet, long de 600 kilomètres, vise à faciliter le transport des marchandises et des passagers dans une zone stratégique pour l’industrie pétrolière et minière. Les travaux, lancés en 2023, devraient s’achever d’ici 2027, selon les prévisions officielles. Par ailleurs, la modernisation des lignes existantes, comme celle d’Alger-Oran, se poursuit avec l’acquisition de nouveaux trains à grande vitesse, commandés auprès du constructeur espagnol Talgo.

Dans le domaine énergétique, Sonatrach et Sonelgaz préparent le développement de plusieurs centrales solaires et éoliennes. Le parc de Hassi R’Mel, déjà en service, sera complété par de nouvelles installations dans les wilayas de Adrar, Béchar et Ouargla. Ces projets s’inscrivent dans l’objectif national de produire 30 % de l’électricité à partir d’énergies renouvelables d’ici 2030. Le ministre de l’Énergie, Mohamed Arkab, a souligné lors d’une conférence de presse que ces investissements permettront de réduire la dépendance aux hydrocarbures et de créer des emplois locaux.

Les télécommunications ne sont pas oubliées. Algérie Télécom a annoncé le déploiement de la fibre optique dans 48 wilayas d’ici 2026, avec une priorité accordée aux zones rurales. Ce projet, baptisé « Algérie Numérique 2025 », vise à améliorer la connectivité et à soutenir les start-ups technologiques. Le ministre de la Poste et des Télécommunications, Brahim Boumzar, a précisé que les opérateurs privés, comme Mobilis et Djezzy, participeront au financement des infrastructures, dans le cadre de partenariats public-privé.

Les ports algériens font également l’objet d’une attention particulière. Le port de Djen Djen, en cours d’extension, deviendra le plus grand hub méditerranéen du pays. Les travaux, menés par l’Entreprise portuaire de Djen Djen (EPDJ), incluent la construction de nouveaux quais et l’approfondissement des bassins pour accueillir des navires de plus grande capacité. Ce projet, financé à hauteur de 2 milliards de dollars, doit renforcer la compétitivité du commerce extérieur algérien.

Malgré ces avancées, certains défis persistent. Des retards ont été signalés dans la livraison de plusieurs chantiers, notamment en raison de difficultés logistiques et de pénuries de matériaux. Le ministre des Travaux publics, Lakhdar Rekhroukh, a reconnu ces obstacles lors d’une intervention à l’Assemblée populaire nationale (APN), tout en assurant que des mesures correctives étaient en cours. Parmi elles, l’accélération des procédures administratives et le recours accru aux entreprises locales pour limiter les dépendances extérieures.

Les projets annoncés s’accompagnent d’un volet social. Le gouvernement prévoit la création de 50 000 emplois directs et indirects, principalement dans les secteurs du BTP et des énergies renouvelables. Les wilayas du Sud, comme Tindouf et Illizi, bénéficieront de programmes spécifiques pour former des techniciens spécialisés dans les nouvelles technologies et les métiers de la maintenance industrielle.

Les observateurs économiques soulignent que ces investissements pourraient stimuler la croissance, à condition que les délais soient respectés. Selon un rapport du Centre national des études et analyses pour la planification (CNEAP), les infrastructures représentent un levier clé pour attirer les investisseurs étrangers et diversifier l’économie. Cependant, la réussite de ces projets dépendra aussi de la stabilité des prix des hydrocarbures, principale source de financement du budget national.

En parallèle, le gouvernement mise sur la coopération internationale pour accélérer les réalisations. Des accords ont été signés avec la Chine, la Turquie et l’Italie pour le transfert de technologies et le cofinancement de certains chantiers. Le président Tebboune a récemment déclaré que ces partenariats s’inscrivaient dans une logique « gagnant-gagnant », sans compromettre la souveraineté nationale.

Les citoyens, quant à eux, attendent des résultats concrets. Dans plusieurs wilayas, des voix s’élèvent pour dénoncer les retards accumulés dans les projets locaux, comme la réhabilitation des routes secondaires ou l’amélioration des réseaux d’assainissement. Les autorités promettent des évaluations régulières pour garantir la transparence et l’efficacité des dépenses publiques.

Ces douze projets structurants marquent une étape importante dans la stratégie de développement de l’Algérie. Si leur mise en œuvre se déroule comme prévu, ils pourraient transformer le paysage économique et social du pays d’ici la fin de la décennie. Reste à savoir si les promesses seront tenues, dans un contexte marqué par les incertitudes géopolitiques et les fluctuations des marchés énergétiques.

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