Hemdani à la tête des Verts : un pari risqué pour l’économie algérienn

Un sélectionneur algérien en Europe, symbole d’un capital humain sous-exploité

Brahim Hemdani, ancien joueur du Racing Club de Strasbourg, vient d’être nommé sélectionneur de l’équipe nationale algérienne, remplaçant Vladimir Petkovic. Son profil européen, forgé dans le football français, pose une question cruciale pour les entrepreneurs algériens : pourquoi l’Algérie ne capitalise-t-elle pas davantage sur ses talents formés à l’étranger ? Selon DNA.fr, Hemdani incarne une diaspora algérienne souvent qualifiée mais rarement intégrée aux leviers économiques du pays.

Son parcours illustre un phénomène récurrent : des milliers d’Algériens, formés ou expérimentés en Europe, reviennent rarement s’investir durablement dans l’économie nationale. Pourtant, leur expertise pourrait dynamiser des secteurs clés comme le tourisme, l’agroalimentaire ou les technologies. En 2025, une étude de la Banque mondiale estimait que la diaspora algérienne en France représentait un potentiel de 1,5 milliard de dollars d’investissements annuels, un chiffre largement sous-utilisé.

Un choix sportif qui révèle un enjeu économique : la fuite des cerveaux

La nomination de Hemdani soulève un paradoxe. D’un côté, l’Algérie mise sur des profils internationaux pour relancer son équipe nationale, un secteur qui génère indirectement des revenus (billetterie, merchandising, partenariats). Mais de l’autre, le pays peine à attirer ses propres talents formés à l’étranger vers des secteurs à forte valeur ajoutée.

Prenons l’exemple des ingénieurs algériens diplômés en France ou en Allemagne. Selon une enquête de l’Agence nationale pour le développement de l’emploi (ANDE), seulement 15 % d’entre eux reviennent travailler en Algérie après leur formation. Pourtant, des secteurs comme les énergies renouvelables ou la tech, en pleine expansion, manquent cruellement de compétences locales.

La diaspora algérienne : un réservoir d’opportunités méconnu

La diaspora représente un atout majeur pour l’entrepreneuriat algérien. En 2024, les transferts de fonds des Algériens résidant à l’étranger ont atteint 12,3 milliards de dollars, selon la Banque d’Algérie. Ces flux financiers pourraient être redirigés vers des projets locaux si des mécanismes incitatifs étaient mis en place.

Des initiatives existent, comme le programme Diaspora Invest lancé en 2023, qui offre des facilités fiscales aux entrepreneurs algériens de l’étranger. Mais leur impact reste limité. Pourquoi ? Parce que les procédures administratives restent complexes et les garanties de sécurité économique insuffisantes. Un entrepreneur marocain de la tech, interrogé par Jeune Afrique, a expliqué : « En Algérie, on manque de visibilité sur les retours sur investissement. Au Maroc, les zones franches et les partenariats publics-privés sont plus clairs. »

Le football comme vitrine : une stratégie à étendre à l’économie

L’équipe nationale algérienne génère des retombées économiques indirectes. Lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2023, les dépenses liées au tourisme et aux médias ont injecté environ 50 millions d’euros dans l’économie locale, selon des estimations de l’Office national du tourisme algérien. Mais ces effets restent ponctuels.

Pour les entrepreneurs, la leçon est claire : l’Algérie doit transformer ses atouts symboliques (comme le football) en leviers concrets. Par exemple, le secteur du sport business, en croissance, pourrait absorber des compétences issues de la diaspora. Des clubs comme le CR Belouizdad ou l’ES Sétif manquent de managers expérimentés en gestion de marque et en partenariats internationaux.

Un appel à l’action : comment attirer les talents de la diaspora ?

Plusieurs pays ont réussi à convertir leur diaspora en moteur économique. Le Portugal, avec sa Golden Visa, a attiré des milliers d’investisseurs étrangers, dont des Algériens. Résultat : +1,2 milliard d’euros d’investissements en 2025. L’Algérie pourrait s’inspirer de ce modèle en simplifiant les démarches pour les entrepreneurs de retour.

Un autre exemple : le Maroc a créé des zones franches dédiées aux startups, avec des exonérations fiscales sur 5 ans. En Algérie, le dispositif Start-Up Algeria existe, mais son application reste lente. Selon Les Échos, seulement 300 entreprises ont bénéficié de ce programme depuis son lancement en 2022.

À retenir pour les entrepreneurs

La nomination de Brahim Hemdani rappelle que l’Algérie dispose d’un vivier de compétences à l’étranger, mais leur mobilisation dépendra de réformes structurelles. Les secteurs porteurs comme la tech, l’agroalimentaire ou le tourisme ont besoin de ces talents pour décoller. Pour les entrepreneurs algériens, cela signifie : cibler les diasporas comme source de partenariats, simplifier les démarches administratives, et miser sur des niches où l’expertise étrangère est indispensable. Sans cela, le pays continuera à perdre des opportunités économiques au profit d’autres destinations plus attractives.

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