Algérie retire sa candidature pour la CAN 2025 et 2027

Le football algérien traverse une période de turbulences après l’annonce surprise du retrait de l’Algérie de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 et 2027. Cette décision, officialisée récemment, a suscité des réactions contrastées au sein de la Fédération algérienne de football (FAF) et parmi les supporters, alors que le pays semblait pourtant bien positionné pour accueillir ces deux éditions.

Selon des sources proches de la FAF, citées par FratMat et MaliActu, ce retrait serait motivé par des contraintes logistiques et financières. Les autorités algériennes, en concertation avec le ministère de la Jeunesse et des Sports, auraient jugé que les investissements nécessaires pour moderniser les infrastructures et garantir un événement à la hauteur des attentes dépassaient les capacités actuelles. Le président de la FAF, Charaf-Eddine Amara, n’a pas encore réagi publiquement, mais des rumeurs évoquent des tensions internes sur la gestion des budgets alloués au football.

L’Algérie avait pourtant présenté un dossier solide pour la CAN 2025, avec des stades comme le Stade olympique d’Oran, le Stade Nelson-Mandela d’Alger et le Stade du 5-Juillet, déjà rénovés ou en cours de modernisation. Le pays avait également mis en avant son expérience récente dans l’organisation de compétitions internationales, comme la Coupe arabe des nations en 2021. Cependant, des retards dans certains projets d’infrastructures, notamment dans les villes de Constantine et de Sétif, auraient pesé dans la balance.

Cette décision intervient dans un contexte où le football algérien cherche à se reconstruire après des performances décevantes sur la scène continentale. L’équipe nationale, les Fennecs, a été éliminée dès le premier tour de la CAN 2023, organisée en Côte d’Ivoire, et peine à retrouver son niveau des années 2010, où elle avait remporté la compétition en 2019. Le sélectionneur Djamel Belmadi, toujours en poste, a récemment évoqué la nécessité de « revoir les fondations » du football algérien, sans pour autant préciser les mesures concrètes envisagées.

Du côté des clubs, la situation n’est guère plus reluisante. L’USM Alger, champion d’Afrique en 2023, a été éliminé dès les huitièmes de finale de la Ligue des champions cette saison, tandis que le CR Belouizdad, autre poids lourd du football local, peine à se qualifier pour les phases de groupes. Les problèmes de gouvernance au sein de la Ligue professionnelle de football (LPF) et les retards dans le paiement des salaires des joueurs ont également été pointés du doigt par plusieurs acteurs du secteur.

Sur le plan diplomatique, ce retrait pourrait avoir des répercussions. L’Algérie entretenait des relations sportives étroites avec plusieurs pays africains, notamment le Maroc, qui a finalement récupéré l’organisation de la CAN 2025. Les deux nations, déjà en concurrence sur plusieurs dossiers, pourraient voir leurs tensions s’accentuer, d’autant que le Maroc a récemment obtenu l’organisation de la Coupe du monde des clubs 2025.

Les supporters algériens, quant à eux, ont exprimé leur déception sur les réseaux sociaux. Beaucoup estiment que ce retrait est un « gâchis » et une « occasion manquée » pour mettre en valeur le pays. Certains pointent du doigt le manque de vision à long terme des dirigeants du football algérien, tandis que d’autres appellent à une refonte totale de la FAF pour éviter de nouvelles désillusions.

Pourtant, des voix s’élèvent aussi pour défendre cette décision. Des experts économiques, cités par El Watan, soulignent que l’Algérie a d’autres priorités, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation, et que les fonds alloués à la CAN auraient pu être mieux utilisés ailleurs. « Organiser une compétition de cette envergure coûte des milliards de dinars. Il vaut mieux investir dans des projets durables », explique un analyste financier.

La FAF, de son côté, n’a pas encore annoncé de plan B pour relancer le football algérien. Certains observateurs suggèrent que le pays pourrait se concentrer sur l’organisation de compétitions de moindre envergure, comme la Coupe arabe ou des tournois amicaux, afin de maintenir une dynamique positive. D’autres estiment que l’Algérie devrait profiter de cette période pour réformer en profondeur son football, en s’inspirant de modèles réussis comme celui du Sénégal ou de l’Égypte.

Une chose est sûre : ce retrait marque un tournant pour le football algérien. Entre espoirs déçus et nécessité de se réinventer, les prochains mois seront décisifs pour déterminer si cette décision sera perçue comme un recul ou comme une étape nécessaire vers une reconstruction plus solide.

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