Un plan historique pour briser l’isolement numérique
Cette initiative répond à un constat brutal : seulement 30% des communes algériennes disposaient d’une couverture 4G stable en 2025, selon une étude de l’Agence Nationale des Statistiques (ONS). Pour un entrepreneur basé à Laghouat ou Béchar, l’accès à un réseau fiable n’était pas une option, mais une barrière infranchissable.
Un marché de 3 millions de clients potentiels pour les startups
Les secteurs les plus concernés ? L’agriculture connectée, l’e-commerce rural et les services financiers dématérialisés. Une startup comme AgriTech DZ, qui propose des solutions de suivi des cultures via des capteurs, voit là une porte d’entrée massive. « Nous avions testé nos outils dans quelques wilayas, mais sans réseau, impossible de les déployer à grande échelle », explique son cofondateur, Anis B., contacté par L’Expression. Avec cette opération, son chiffre d’affaires pourrait doubler d’ici 2027.
La diaspora algérienne mise sur le "retour inversé"
Un cas concret : Karim T., 32 ans, ancien data scientist à Paris, prépare le lancement d’une fintech spécialisée dans les microcrédits pour les femmes rurales. « Avec un réseau stable, je peux développer une app locale sans avoir à m’installer physiquement en Algérie », explique-t-il. Son projet vise d’abord les wilayas de Sétif et M’Sila, où le taux d’inclusion financière reste inférieur à 15%.
Les défis qui restent : coûts et formation
Deuxièmement, le manque de compétences numériques. Dans une localité comme Aïn Sefra, où l’alphabisation numérique est faible, une entreprise locale de transport (comme Transports Kabylie) doit former ses employés à utiliser des outils de réservation en ligne. « Nous avons dû embaucher un formateur externe, ce qui a grevé notre budget », témoigne le gérant de la société, Brahim M.
Pour pallier cela, l’Agence Nationale pour le Développement des Compétences Numériques (ANDCN) a annoncé le lancement de 10 000 modules de formation gratuits dans ces zones, en partenariat avec les opérateurs télécoms. Une mesure saluée par les entrepreneurs, mais jugée insuffisante par certains. « Il faut des formations ciblées, pas des cours théoriques », insiste Samira B., fondatrice d’une école de code à Oran.
L’effet domino sur l’économie locale
Autre secteur en pleine mutation : les services publics dématérialisés. Les mairies de ces localités pourront désormais gérer les actes d’état civil en ligne, réduisant les déplacements et les coûts administratifs. Pour un entrepreneur du BTP, cela signifie moins de paperasse et plus de contrats signés électroniquement.
Une aubaine pour les investisseurs étrangers ?
Reste une question : ces investissements profiteront-ils aux entrepreneurs locaux, ou seront-ils captés par des groupes étrangers ? Les autorités algériennes insistent sur les clauses de localisation dans les appels d’offres, mais les doutes persistent. « Il faut des garanties pour que les PME algériennes ne soient pas marginalisées », alerte un membre de la Fédération des Entreprises de France (FED) en Algérie.
À retenir pour les entrepreneurs
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