Sonatrach révolutionne l’agriculture saharienne en Algérie

Cette semaine, Sonatrach a annoncé des résultats agricoles inattendus dans le Sahara algérien, marquant une étape clé pour la sécurité alimentaire du pays. Les rendements obtenus dans les périmètres irrigués par les eaux de désalinisation et les forages profonds dépassent les prévisions initiales, selon un communiqué officiel de l’entreprise publique.

Des chiffres qui surprennent

Ces résultats s’appuient sur un investissement de 12 milliards de dinars (environ 80 millions d’euros) dans des infrastructures agricoles sahariennes depuis 2022. Sonatrach a mobilisé ses compétences en gestion de l’eau, notamment via des stations de dessalement et des systèmes d’irrigation goutte-à-goutte, pour contourner les contraintes climatiques.

Une stratégie intégrée

« Nous utilisons les mêmes outils que pour l’exploration gazière, mais pour l’agriculture », explique un ingénieur de Sonatrach à L’Algérie Aujourd’hui. Les capteurs sismiques, habituellement déployés pour détecter des gisements, servent désormais à cartographier les réserves d’eau souterraine. Cette approche a permis d’identifier 15 nouveaux sites exploitables dans le Grand Sud.

Défis et limites

Autre enjeu : la dépendance énergétique. Les stations de dessalement et les pompes à eau consomment d’importantes quantités d’électricité, souvent produite à partir de gaz naturel. Sonatrach mise sur l’énergie solaire pour réduire cette facture, avec l’installation de fermes photovoltaïques à proximité des périmètres agricoles.

Impact sur la sécurité alimentaire

Les exportations pourraient aussi bénéficier de cette dynamique. Les dattes algériennes, déjà vendues en Europe et en Asie, pourraient voir leur part de marché augmenter grâce à une production plus régulière. Des discussions sont en cours avec des distributeurs français et allemands pour écouler les surplus de la saison 2025.

Réactions et critiques

Du côté politique, le président Abdelmadjid Tebboune a salué « une avancée historique » lors d’une réunion du Conseil des ministres en juin 2025. Il a insisté sur la nécessité de « dupliquer ce modèle » dans d’autres régions arides, comme le Hoggar ou le Tassili.

Prochaines étapes

Le gouvernement mise aussi sur les start-up agricoles. Une dizaine d’entreprises spécialisées dans l’agritech ont été sélectionnées pour participer à un incubateur à Ouargla. Leur mission : concevoir des solutions low-cost pour les petits agriculteurs, comme des capteurs d’humidité connectés ou des drones de surveillance des cultures.

Un modèle exportable ?

Reste à savoir si ce modèle sera durable. Les critiques soulignent que l’agriculture saharienne reste dépendante des subventions publiques et des prix élevés des hydrocarbures. Pour les défenseurs du projet, en revanche, il s’agit d’une « révolution silencieuse » qui pourrait redessiner la carte agricole de l’Afrique du Nord.

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