L’Afrique solaire bat des records mais bute sur les fonds

L’année 2025 a marqué un tournant historique pour l’énergie solaire en Afrique, avec une capacité installée dépassant pour la première fois les 15 gigawatts (GW), selon La Tribune. Ce bond de 30 % en un an place le continent sur une trajectoire prometteuse, mais le manque de financements adaptés freine encore son déploiement à grande échelle. En Algérie, où le solaire représente près de 40 % des projets d’énergies renouvelables en cours, les mêmes obstacles persistent, malgré des ambitions affichées.

Un essor sans précédent, mais inégal

En Algérie, le solaire a connu une accélération notable depuis 2020, avec le lancement du programme national des énergies renouvelables visant 15 GW d’ici 2035. Fin 2025, le pays comptait environ 1,2 GW de capacité solaire installée, soit une progression de 50 % en deux ans. Mais ce rythme reste insuffisant pour atteindre les objectifs fixés. « L’Algérie dispose d’un ensoleillement parmi les plus élevés au monde, avec plus de 3 000 heures par an dans le Sud, mais les retards s’accumulent », explique un expert du secteur, cité sous couvert d’anonymat par La Tribune.

Le financement, talon d’Achille des projets

En Algérie, l’État reste le principal financeur des projets solaires, via des partenariats publics-privés (PPP) ou des appels d’offres internationaux. Le projet de centrale solaire de 1 GW à Ouargla, annoncé en 2023, illustre ces difficultés : son lancement a été repoussé à plusieurs reprises en raison de désaccords sur les modalités de financement. « Les bailleurs de fonds exigent des garanties que l’Algérie, avec son cadre juridique rigide, peine à fournir », note La Tribune.

Des solutions émergentes, mais limitées

Autre piste : les partenariats avec des acteurs privés. Le groupe français TotalEnergies a signé en 2025 un accord avec la Sonatrach pour développer 500 MW de solaire en Algérie, avec un modèle de « build-own-operate » (BOO) où l’investisseur prend en charge l’intégralité du projet. « Ce type de montage réduit les risques pour l’État, mais il suppose une confiance mutuelle et une stabilité réglementaire », souligne un analyste cité par La Tribune.

L’Algérie face à ses contradictions

Pourtant, les enjeux sont colossaux. Selon une étude de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) citée par La Tribune, l’Algérie pourrait couvrir 20 % de sa consommation électrique avec le solaire d’ici 2030, contre 3 % aujourd’hui. Cela permettrait d’économiser 10 milliards de mètres cubes de gaz par an, soit l’équivalent de 2 milliards de dollars de revenus d’exportation. « Le solaire n’est plus une option, mais une nécessité économique et écologique », estime un haut responsable du ministère de l’Énergie, interrogé par La Tribune.

Vers une coopération régionale ?

En attendant, les acteurs du secteur appellent à des réformes urgentes : simplification des procédures administratives, création d’un fonds souverain dédié aux énergies renouvelables, et incitations fiscales pour les investisseurs. « Le potentiel est là, mais sans cadre clair, les projets resteront au stade de promesses », conclut un entrepreneur algérien du solaire, cité par le journal.

L’année 2025 aura donc été celle des records, mais aussi des réalités. Pour l’Algérie, comme pour le reste du continent, le solaire est une opportunité à saisir – à condition de surmonter les obstacles financiers et politiques qui freinent encore son essor.

Laisser un commentaire