L’Algérie a engagé récemment un investissement de 1,4 milliard de dollars pour l’acquisition de nouveaux trains, selon des sources officielles citées par TSA-Algérie. Ce montant, annoncé par le ministère des Transports, marque une étape clé dans la modernisation du réseau ferroviaire national, géré par la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF). L’objectif affiché est d’améliorer la capacité, la fréquence et le confort des liaisons, notamment sur les axes saturés comme Alger-Oran ou Alger-Constantine.
D’après les informations relayées par TSA-Algérie, cet investissement s’inscrit dans le cadre du plan quinquennal 2020-2024, prolongé jusqu’en 2025, qui prévoit une enveloppe globale de 35 milliards de dollars pour les infrastructures de transport. Les nouveaux trains, dont le nombre et les spécifications techniques n’ont pas été détaillés, devraient remplacer une partie du parc actuel, vieillissant et souvent critiqué pour son manque de fiabilité. La SNTF, qui transporte environ 30 millions de passagers par an, mise sur cette modernisation pour attirer davantage d’usagers et réduire la pression sur le réseau routier.
Le ministre des Transports, Farouk Chiali, avait évoqué en avril 2025, lors d’une rencontre avec des homologues qataris, l’ambition de l’Algérie de s’inspirer des modèles internationaux en matière de transport ferroviaire. « Le Qatar a réalisé des progrès remarquables dans ce domaine, et nous souhaitons bénéficier de son expertise », avait-il déclaré, selon QNA, l’agence de presse qatarie. Cette coopération pourrait inclure des transferts de technologie ou des partenariats pour la formation des ingénieurs algériens.
Un réseau en expansion malgré les défis
La SNTF fait également face à des défis structurels. En 2023, des bus blindés, qualifiés de « bus-chars » par Le360, avaient été utilisés pour transporter les équipes du Championnat d’Afrique des nations (CHAN), suscitant des critiques sur l’état du parc ferroviaire. Le gouvernement avait alors justifié cette mesure par des impératifs de sécurité, mais l’épisode avait révélé les limites du réseau, notamment pour les grands événements.
Des retombées économiques attendues
Enfin, cet investissement s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification économique. Le transport ferroviaire, moins polluant que le routier, s’aligne avec les objectifs de transition énergétique du pays. Le président Abdelmadjid Tebboune avait souligné en 2024 que « le rail est une priorité pour réduire la dépendance aux hydrocarbures et développer les régions intérieures ».
Questions sur le financement et la transparence
La SNTF, de son côté, assure que les nouveaux trains seront livrés d’ici 2027. Les premiers appels d’offres pourraient être lancés avant la fin de l’année 2026, selon des sources proches du dossier. Les constructeurs européens, chinois et turcs sont déjà en lice, mais aucune décision n’a été officialisée.
Un secteur en mutation
Pour les Algériens, ces investissements sont une promesse de mobilité améliorée. Mais leur succès dépendra de la capacité du pays à surmonter les retards administratifs, les contraintes budgétaires et les défis techniques. Si les nouveaux trains deviennent une réalité, ils pourraient redessiner le paysage des déplacements en Algérie, à condition que les usagers en ressentent concrètement les bénéfices.