L’Algérie mise sur l’économie verte pour ses PME

Le gouvernement algérien et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ont lancé récemment à Alger un projet ambitieux de soutien aux petites et moyennes entreprises (PME) spécialisées dans l’économie verte. Ce partenariat, annoncé cette semaine, vise à injecter des ressources financières et techniques pour accélérer la transition écologique du tissu entrepreneurial national. Selon l’agence officielle Algérie Presse Service, ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification économique, déjà évoquée par le président Abdelmadjid Tebboune lors de son discours de janvier 2026 sur les réformes structurelles.

Un financement ciblé pour les PME vertes

Le projet, doté d’un budget estimé à plusieurs millions de dollars, a été officiellement présenté lors d’une cérémonie à Alger présidée par le ministre de l’Industrie et des Mines, Yousef Yousfi. Selon les déclarations du représentant du PNUD en Algérie, ce fonds permettra aux entrepreneurs de bénéficier de subventions pour des projets liés à la gestion des déchets, aux énergies renouvelables ou encore à l’agroécologie. « Nous ciblons spécifiquement les PME qui innovent dans des secteurs à faible empreinte carbone », a expliqué un responsable du ministère, cité par El Moudjahid.

Les secteurs prioritaires incluent la valorisation des déchets plastiques, la production d’engrais organiques et la fabrication de panneaux solaires. Une première enveloppe de 500 000 dollars a été allouée à des incubateurs spécialisés dans ces domaines, notamment à Oran et Constantine. Les entrepreneurs sélectionnés recevront également un accompagnement technique via des partenariats avec des universités algériennes, comme l’Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediene (USTHB).

Une réponse aux défis climatiques et économiques

Cette initiative intervient alors que l’Algérie fait face à des pressions croissantes pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles et limiter son impact environnemental. Selon un rapport publié par le Fonds International de Développement Agricole (FIDA) en décembre 2025, l’érosion des sols et la désertification menacent près de 30 % des terres agricoles du pays. Le projet PNUD-PME verte répond directement à ces enjeux en encourageant des modèles économiques durables.

Parallèlement, le gouvernement mise sur l’économie verte pour créer des emplois qualifiés. Les données du ministère du Travail indiquent que 40 % des nouveaux emplois créés en 2025 dans le secteur privé le sont dans des filières liées à l’environnement ou à la transition énergétique. « Nous voulons faire des PME vertes un levier de croissance, pas seulement une réponse à une crise », a déclaré un économiste proche du dossier, contacté par Algérie Eco.

Des opportunités pour la diaspora algérienne

Ce projet ouvre également des perspectives pour la diaspora algérienne, souvent porteuse d’idées innovantes mais freinée par des barrières administratives. Le PNUD a annoncé la création d’un fonds dédié aux entrepreneurs algériens expatriés souhaitant investir dans le pays. « Nous voulons capter l’expertise de nos concitoyens à l’étranger, notamment dans les secteurs des énergies renouvelables et de la green tech », a précisé un responsable du ministère des Affaires étrangères, cité par La Tribune.

Des ateliers de formation en ligne seront organisés pour les membres de la diaspora, avec des sessions sur les appels d’offres publics et les mécanismes de financement disponibles. Les entrepreneurs installés en Europe ou en Amérique du Nord pourront ainsi soumettre des projets sans avoir à se déplacer physiquement en Algérie, grâce à une plateforme numérique dédiée. Cette approche s’ajoute aux mesures récentes facilitant les investissements de la diaspora, comme la suppression de certaines taxes sur les transferts de fonds.

Des résultats attendus dès 2027

Les autorités visent une montée en puissance progressive du projet, avec un premier bilan prévu en 2027. Selon les projections du PNUD, les PME soutenues devraient générer plus de 2 000 emplois directs d’ici trois ans, avec un impact indirect sur 5 000 autres postes. Les secteurs les plus prometteurs incluent la production de biocarburants à partir de déchets agricoles et la création de parcs éoliens de petite taille.

Cependant, des défis persistent. Les entrepreneurs soulignent le manque de visibilité sur la durée des subventions et la complexité des procédures administratives. « Nous avons besoin de garanties pour que ce projet ne reste pas une opération ponctuelle », a réagi un chef d’entreprise du secteur des énergies renouvelables, interrogé par Liberté.

À retenir pour les entrepreneurs :
Les PME algériennes spécialisées dans l’économie verte peuvent désormais postuler à des subventions via un fonds dédié, géré en partenariat avec le PNUD. Les entrepreneurs de la diaspora bénéficient d’un accompagnement spécifique pour investir à distance. Les projets sélectionnés devraient être annoncés avant fin 2026, avec des financements disponibles dès 2027.

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