Baddari lance une usine de traitement des déchets industriels liquides

Le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Lakhdar Rekhroukh, a supervisé récemment l’inauguration d’une nouvelle entreprise spécialisée dans le traitement des déchets industriels liquides, en présence du wali de la wilaya d’Alger, Mohamed Baddari. Cette installation, située dans la zone industrielle de Rouïba, marque une étape dans la gestion des rejets polluants générés par les activités industrielles du pays.

Selon l’Algérie Presse Service (APS), cette usine, d’une capacité de traitement de 120 000 mètres cubes par an, cible principalement les effluents issus des secteurs pétrochimique, pharmaceutique et agroalimentaire. Son équipement, fourni par des partenaires étrangers et locaux, inclut des technologies de filtration membranaire et de biodégradation avancée, permettant de réduire jusqu’à 95 % la charge polluante avant rejet dans le milieu naturel.

Un projet ancré dans la stratégie nationale de dépollution

Cette nouvelle usine s’inscrit dans le cadre du Plan national de gestion des déchets dangereux (PNGDD), lancé en 2022 par le gouvernement. Ce plan prévoit la création de 12 centres de traitement régionaux d’ici 2027, avec un budget global de 1,8 milliard de dollars. Le ministre Rekhroukh a souligné lors de l’inauguration que « cette infrastructure répond à une urgence écologique et économique, car elle permettra de recycler une partie des effluents en eau réutilisable pour l’irrigation ou les processus industriels ».

Des retombées économiques et environnementales

Sur le plan environnemental, le projet devrait réduire de 40 % les rejets polluants dans la région d’Alger, où les zones industrielles de Rouïba et d’El Harrach concentrent près de 30 % de l’activité manufacturière du pays. Le wali Baddari a indiqué que des contrôles renforcés seraient mis en place pour obliger les entreprises à se conformer aux nouvelles normes de traitement, sous peine de sanctions administratives.

Défis et limites du modèle

Par ailleurs, le coût élevé des technologies de traitement reste un frein. L’usine de Rouïba a nécessité un investissement de 45 millions de dollars, financé à 60 % par l’État algérien et à 40 % par des fonds étrangers. Pour les wilayas moins dotées en ressources, comme Tamanrasset ou Adrar, le modèle risque de ne pas être reproductible sans un soutien financier accru.

Prochaines étapes

En parallèle, le groupe Sonatrach explore des solutions pour valoriser les boues issues du traitement, en les transformant en combustibles solides de récupération (CSR), une piste déjà testée par le Groupe industriel des ciments d’Algérie (GICA) dans ses cimenteries. Si ces initiatives se concrétisent, l’Algérie pourrait réduire sa dépendance aux énergies fossiles tout en limitant son empreinte écologique.

Pour l’heure, l’usine de Rouïba reste un symbole des efforts du pays pour concilier développement industriel et préservation de l’environnement. Son succès dépendra de la rigueur dans son exploitation et de l’engagement des acteurs économiques à respecter les nouvelles réglementations.

Laisser un commentaire