Les récentes perturbations météorologiques qui touchent l’Algérie ont mis à l’épreuve le réseau électrique national, poussant la Société nationale de l’électricité et du gaz (Sonelgaz) à activer l’ensemble de ses dispositifs pour éviter des coupures généralisées. Selon aps.dz, les autorités ont déployé des moyens exceptionnels pour assurer la continuité de l’approvisionnement, notamment dans les régions les plus exposées aux aléas climatiques.
Une réponse coordonnée face aux risques climatiques
Le ministre de la Transition énergétique et des Énergies renouvelables, Chems Eddine Chitour, a souligné lors d’une réunion d’urgence que « la priorité absolue est de sécuriser l’alimentation des foyers et des infrastructures critiques, comme les hôpitaux et les centres de télécommunications ». Les centrales thermiques, notamment celles de Hadjret Ennous et de Skikda, ont été sollicitées pour compenser les baisses de production des barrages hydroélectriques, dont les niveaux d’eau ont été affectés par les précipitations irrégulières.
Renforcement des capacités et diversification des sources
Cependant, les experts pointent du doigt les limites structurelles du réseau, notamment son vieillissement dans certaines régions. « Les intempéries révèlent les faiblesses d’un système encore trop dépendant des énergies fossiles et des infrastructures centralisées », explique un ingénieur en énergie basé à Alger. La modernisation des lignes à haute tension et l’intégration de solutions de stockage, comme les batteries lithium-ion, figurent parmi les priorités pour renforcer la résilience du réseau.
Impact sur les ménages et l’économie
Pour atténuer ces effets, la Sonelgaz a mis en place un numéro vert (115) pour signaler les pannes et accélérer les interventions. Un dispositif similaire avait été testé lors des vagues de chaleur de l’été 2025, avec des résultats jugés encourageants. « La réactivité des équipes sur le terrain est cruciale, mais elle doit s’accompagner d’investissements durables dans les infrastructures », estime un responsable syndical du secteur.
Vers une approche préventive
Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large de préparation aux changements climatiques, alors que l’Algérie figure parmi les pays les plus vulnérables aux phénomènes extrêmes. « La transition énergétique ne se limite pas à la production d’électricité verte, elle doit aussi intégrer la résilience des infrastructures », rappelle Chems Eddine Chitour.
Si les efforts déployés ces derniers jours ont permis d’éviter une crise majeure, les défis restent nombreux. La dépendance aux énergies fossiles, les retards dans certains projets renouvelables et les contraintes budgétaires pourraient freiner les ambitions du pays. Pour l’heure, la Sonelgaz assure que le réseau tient, mais la question de sa pérennité à long terme reste ouverte.