Contexte général
La semaine écoulée en Algérie a été marquée par des annonces fiscales ciblées, des ajustements réglementaires dans des secteurs clés et des projets de coopération internationale. Les entrepreneurs locaux et la diaspora ont reçu des signaux contradictoires : des opportunités de financement émergent, mais les délais administratifs et les tensions géopolitiques freinent certains projets. Les PME cherchent activement des alternatives au crédit bancaire traditionnel, tandis que les startups bénéficient d’un soutien accru sous forme d’incubateurs. Les chiffres de création d’entreprises restent stables, avec une progression notable dans le commerce ambulant. Les exportations de véhicules « made in Algérie » affichent un bilan négatif, et les projets logistiques transfrontaliers butent sur des obstacles politiques.
Fiscalité : un système en évolution, mais des ambiguïtés persistantes
L’Administration fiscale algérienne a confirmé la pluralité des taux de l’Impôt sur les Bénéfices des Sociétés (IBS), sans préciser de date d’application. Les entreprises du secteur public comme Air Algérie affichent des bénéfices records (227 millions de DA en 2023 pour le groupe GBH), mais ces performances s’accompagnent de dettes colossales, soulignant des dysfonctionnements structurels. Aucune mesure de redressement n’a été annoncée pour les entreprises publiques déficitaires.
Côté PME, la retenue à la source en matière de TVA fait l’objet d’une circulaire DGI, mais les modalités pratiques restent floues pour les SARL. Les entreprises du BTP anticipent des ajustements sur les fiches de paie pour 2026, avec une revalorisation des congés payés pour les ouvriers et ETAM. Aucune hausse salariale n’a été actée.
Chiffres clés
– Bénéfices GBH 2023 : 227 millions DA
– IBS : pluralité des taux confirmée (taux non précisés)
– Congés payés BTP 2026 : ajustements en cours
Freelance et création d’entreprise : des idées, mais peu de visibilité sur les débouchés
Trente-deux idées d’entreprises « rentables à créer en 2026 » ont été listées par des médias spécialisés, sans analyse de marché ni étude de faisabilité. Les secteurs ciblés incluent l’agroalimentaire, les services numériques et la maintenance industrielle. Aucune source officielle n’a validé ces propositions.
À Charleroi, un atelier de la diaspora algérienne a abordé les réalités de l’entrepreneuriat en Algérie, mettant en lumière les difficultés d’accès au financement local. Aucun chiffre n’a été communiqué sur le nombre de participants ou les projets concrets évoqués.
Registre de commerce : croissance des immatriculations, mais freins sectoriels
Depuis la mise en place du registre de commerce ambulant, 15 000 jeunes se sont inscrits. Le secteur du transport routier bénéficie d’un nouveau souffle avec le lancement par TIRSAM de la vente de camions « Made in Algeria » à partir de 390 millions de centimes (3,9 millions DA). Aucune information n’a été publiée sur les ventes réalisées depuis l’annonce.
Côté santé, les médicaments à usage humain voient leur Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) simplifiée, mais les délais d’obtention restent indéterminés.
Chiffres clés
– Immatriculations commerce ambulant : 15 000
– Prix de départ TIRSAM (camions) : 3,9 millions DA
Capital investissement : la diaspora et les startups dans le viseur
Emmanuel Macron a annoncé un projet d’incubateur de startups et un fonds d’innovation tech pour l’Algérie, sans préciser le montant alloué ni les critères d’éligibilité. Les startups algériennes sont présentées comme « en avancée », mais aucun indicateur de performance (levées de fonds, chiffre d’affaires, emplois créés) n’a été communiqué.
Le catalogue de Britney Spears vendu 200 millions de dollars rappelle que la musique peut être un actif financier, mais aucun lien n’a été établi avec l’économie algérienne.
E-commerce : vers un cadre juridique plus stable
Un projet de loi sur les services de confiance pour les transactions électroniques a été présenté. L’objectif affiché est la sécurité juridique, sans calendrier de vote. Les chèques sans provision ne seront plus criminalisés automatiquement, ce qui pourrait fluidifier les échanges entre entreprises.
À noter
– Aucune date n’a été fixée pour l’adoption du texte sur l’e-commerce.
– La fin de la criminalisation automatique des chèques sans provision entre en vigueur.
Diaspora entrepreneur : coopération et obstacles géopolitiques
L’Algérie appelle les talents de la diaspora à investir, dans le cadre d’un projet incluant des incubateurs et des fonds. À l’inverse, le Maroc renforce ses liens avec le Sahel, ce qui pourrait marginaliser davantage l’Algérie dans les échanges commerciaux régionaux. Aucun chiffre n’a été communiqué sur les retours de diaspora ou les fonds mobilisés.
Financement des PME : diversification des outils, mais risques persistants
Les solutions de crédit-bail et d’affacturage gagnent du terrain, avec une progression de 12 % des contrats signés en 2023 (source : Banque d’Algérie, non confirmée). Le marché financier propose des alternatives au crédit bancaire, mais les PME de taille moyenne peinent à accéder à ces instruments en raison de garanties exigées trop élevées.
La guerre en Iran et les tensions dans le Golfe pourraient perturber les flux commerciaux, mais aucun impact concret n’a été mesuré sur les PME algériennes.
Chiffres clés
– Croissance crédit-bail/affacturage : +12 % (2023, estimation non vérifiée)
SARL : réglementation en mouvement, mais incertitudes fiscales
Les fiches de paie du BTP pour 2026 intègrent des ajustements sur les congés payés, mais le texte final n’a pas été publié. La DGI a émis une circulaire sur la retenue à la source en matière de TVA, sans détails sur les secteurs concernés.
À l’étranger, Decathlon Sénégal a été redressé par le fisc pour 450 millions FCFA, un cas qui rappelle les risques de contentieux fiscal pour les entreprises opérant en Afrique de l’Ouest.
ANGEM et logistique : des projets ambitieux, mais des blocages structurels
Le projet de train Casablanca-Alger-Tunis (4 milliards de dollars) est bloqué par la fermeture de la frontière marocaine. Aucun calendrier de reprise des discussions n’a été annoncé.
Le bilan des voitures « made in Algérie » est qualifié de « catastrophique » par le gouvernement, sans publication de données officielles (chiffres de production, exportations, emplois).
Bilan factuel de la semaine
– Fiscalité : Pluralité des taux IBS confirmée, mais flou sur les modalités.
– Registre de commerce : 15 000 immatriculations en commerce ambulant ; TIRSAM lance des camions locaux à 3,9 millions DA.
– E-commerce : Projet de loi sur les services de confiance ; fin de la criminalisation automatique des chèques sans provision.
– Diaspora : Appel aux investissements via incubateurs et fonds, mais aucun chiffre sur les retours.
– Financement : +12 % pour crédit-bail/affacturage en 2023 (estimation), mais garanties toujours élevées.
– Logistique : Projet de train transfrontalier bloqué ; bilan négatif pour les voitures locales.
– Startups : Soutien international annoncé (incubateurs, fonds), mais pas de données sur les impacts concrets.
À retenir pour les entrepreneurs
La semaine a confirmé des avancées réglementaires (e-commerce, registre de commerce) et des opportunités de financement (crédit-bail, affacturage). Les projets transfrontaliers restent soumis à des blocages politiques, et les PME doivent anticiper des ajustements fiscaux (IBS, retenue à la source). Les incubateurs pour startups et les fonds dédiés à l’innovation tech représentent un levier, mais leur accès reste à préciser.
💡 Vous créez votre entreprise en Algérie ? GlobalStart vous accompagne pas à pas : démarches, coûts réels, statuts juridiques (SARL, EURL, SPA) et immatriculation CNRC.