Algérie 26 120 milliards en 3 ans

L’Algérie a enregistré un afflux de 26 120 milliards de dinars en investissements étrangers directs (IED) sur une période de moins de trois ans. Selon YOP L-FRII, ce flux, principalement concentré dans les secteurs des hydrocarbures, des infrastructures et des industries manufacturières, marque une accélération notable par rapport aux années précédentes.

Un volume record

Les données publiées par YOP L-FRII révèlent que ces 26 120 milliards de dinars ont été enregistrés entre 2022 et début 2025. Le montant représente une progression significative par rapport aux années antérieures, où les investissements étrangers en Algérie oscillaient souvent entre 500 milliards et 1 500 milliards de dinars annuels. Cette hausse s’explique en partie par la réouverture du pays aux partenariats internationaux après la pandémie et par une politique gouvernementale plus incitative.

Les secteurs les plus attractifs ont été, dans l’ordre, les hydrocarbures avec 45 % du total, suivi des infrastructures (30 %) et des industries manufacturières (20 %). Les services, notamment les technologies de l’information, n’ont capté que 5 % des flux, un taux jugé insuffisant par les observateurs du secteur.

Les acteurs en présence

Côté entreprises étrangères, les principaux investisseurs viennent d’Europe, avec une forte présence française, italienne et espagnole dans les hydrocarbures et les infrastructures. Les Émirats arabes unis et la Chine ont également marqué leur intérêt, notamment dans les projets énergétiques et logistiques. Côté algérien, la Sonatrach reste le partenaire incontournable dans le domaine des hydrocarbures, tandis que des groupes comme Cosider et ETRHB Hocine dominent les grands travaux publics.

Pour les entrepreneurs locaux, cette dynamique soulève des questions sur leur rôle dans cette chaîne de valeur. Les appels d’offres internationaux, souvent remportés par des consortiums étrangers, laissent peu de place aux PME algériennes, excepté dans les niches comme l’artisanat ou les sous-traitances spécialisées.

Ce que cela change pour l’économie

Sur le plan macroéconomique, cet afflux de capitaux a permis à l’Algérie de stabiliser ses réserves de change et de financer des projets d’envergure, comme la modernisation des ports ou l’extension des capacités de raffinage. Cependant, l’impact sur le tissu entrepreneurial local reste limité. Les investissements étrangers se concentrent sur des mégaprojets, avec des retombées indirectes faibles pour les startups et les TPE.

Les entrepreneurs algériens pointent aussi l’absence de mécanismes efficaces pour capter une partie de ces flux. Les fonds de capital-risque, encore timides, peinent à attirer les investisseurs étrangers vers les jeunes pousses. Les zones franches, comme celle de la wilaya de Tlemcen, n’ont pas encore décollé comme prévu, faute d’un cadre juridique attractif et stable.

Le rôle de la diaspora

La diaspora algérienne, souvent citée comme un levier potentiel, n’apparaît pas dans les chiffres récents. Les investissements des expatriés restent marginaux, malgré les dispositifs comme les comptes devises ou les facilités bancaires. Certains entrepreneurs de la diaspora, comme ceux de France ou du Canada, préfèrent encore investir dans l’immobilier ou les commerces locaux, plutôt que dans des projets industriels ou technologiques.

Les associations de la diaspora, comme l’UGTA ou des réseaux informels, tentent de sensibiliser leurs membres aux opportunités sectorielles. Mais les lourdeurs administratives et les incertitudes réglementaires freinent leur engagement. Pourtant, avec un marché de 45 millions de consommateurs et une demande croissante en produits locaux, les opportunités existent.

À retenir pour les entrepreneurs

Les investissements étrangers en Algérie privilégient les grands groupes et les secteurs capitalistiques. Les PME locales doivent cibler les niches sous-représentées, comme les services digitaux ou l’agroalimentaire, pour tirer parti de cette dynamique. La diaspora dispose d’atouts culturels et financiers, mais son implication reste limitée par l’environnement des affaires.

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