Une tournée européenne pour mobiliser les compétences
Cette semaine, le secrétaire d’État Sofiane Chaïb a multiplié les rencontres en Europe avec des membres de la diaspora algérienne. L’objectif affiché : rappeler que leur expertise et leurs investissements restent indispensables au développement économique du pays. Selon El Moudjahid, la tournée a couvert l’Allemagne, la Belgique et la Suisse, des pays où la communauté algérienne est particulièrement active dans les secteurs de la santé, de l’ingénierie et des nouvelles technologies.
Les discussions ont porté sur des projets concrets, comme la création de pépinières d’entreprises en Algérie ou la facilitation des transferts de fonds pour les startups. Sofiane Chaïb a insisté sur l’urgence de simplifier les procédures administratives pour les entrepreneurs de la diaspora, un point souvent cité comme un frein majeur à l’investissement.
Des échanges qui dépassent les déclarations politiques
Les relations entre Alger et les capitales européennes s’améliorent progressivement, mais pour la diaspora, l’enjeu est ailleurs : passer des mots aux actes. D’après La Nouvelle République Algérie, les déclarations récentes entre Abdelmadjid Tebboune et Pedro Sánchez sur les échanges gaziers et commerciaux ont créé un climat plus favorable. Cependant, les entrepreneurs de la diaspora attendent des mesures tangibles.
Un exemple marquant : la société algérienne de télécommunications mobilisera prochainement des experts de la diaspora pour moderniser son réseau. Selon La Nouvelle République Algérie, cette collaboration pourrait inclure des transferts de technologie et la formation de cadres locaux.
Le financement des campagnes électorales, un sujet sensible
Récemment, des révélations ont circulé sur des fonds en provenance de l’étranger destinés au financement de campagnes électorales en Algérie. Atalayar rapporte la saisie de 2,4 millions d’euros à l’aéroport Charles de Gaulle, destinés à la campagne de Tebboune en 2024. Un sujet qui a relancé le débat sur la transparence des financements politiques et leur impact sur les politiques économiques.
Pour les entrepreneurs, cette affaire rappelle l’importance de la rigueur dans les flux financiers transfrontaliers. Les banques et les institutions algériennes pourraient renforcer leurs contrôles sur les transferts en provenance de la diaspora pour éviter toute confusion entre investissements légitimes et financements opaques.
L’investissement en Algérie, un pari gagnant malgré les obstacles
Malgré les défis, certains membres de la diaspora osent investir en Algérie. Le site diasporas.tsa-algerie.com a publié le témoignage d’une entrepreneure basée en France qui a choisi de lancer une entreprise de conseil en gestion à Alger. Son expérience montre que des secteurs comme le numérique, l’agroalimentaire ou les énergies renouvelables offrent des opportunités, à condition de s’adapter aux réalités locales.
Elle souligne l’importance de s’appuyer sur des partenaires locaux fiables et de bénéficier d’incitations fiscales. Selon elle, l’État a mis en place des dispositifs comme le Fonds national pour l’emploi (FNE), mais leur accès reste complexe pour les non-résidents.
Les transferts des migrants, une manne à mieux exploiter
Les transferts des migrants vers l’Algérie représentent une ressource financière majeure. Selon la Banque mondiale, ils ont atteint 12 milliards de dollars en 2025, un montant supérieur aux investissements directs étrangers. Pourtant, une grande partie de ces fonds est utilisée pour la consommation ou l’immobilier, plutôt que pour des projets productifs.
Des initiatives tentent de canaliser ces flux vers l’entrepreneuriat. La Banque d’Algérie a récemment lancé un programme pour encourager les investissements dans les PME via des fonds dédiés. Cependant, les critères d’éligibilité et les garanties demandées restent dissuasifs pour beaucoup.
À retenir pour les entrepreneurs
Les transferts des migrants dépassent les 12 milliards de dollars par an, mais leur impact économique reste limité. Les dispositifs comme le FNE existent, mais leur accès est complexe pour la diaspora. Les secteurs du numérique, des énergies renouvelables et de l’agroalimentaire offrent des opportunités, sous réserve de partenariats locaux solides.
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