La semaine a été marquée par des évolutions dans trois grands secteurs : la fiscalité des entreprises, l’entrepreneuriat digital et les opportunités pour la diaspora. Les mesures fiscales se digitalisent avec l’achat en ligne des timbres fiscaux, tandis que le gouvernement mise sur l’e-commerce et la confiance numérique pour stimuler l’activité économique. Parallèlement, les annonces sur la création d’entreprises à distance pour la diaspora et les appels à l’innovation via des incubateurs et fonds d’investissement confirment une volonté de diversification économique. Les PME explorent des alternatives de financement, et le registre de commerce enregistre une hausse des inscriptions, notamment via le nouvel ambulant.
Fiscalité : modernisation et contradictions
Le ministère des Finances a lancé une plateforme numérique pour l’achat en ligne des timbres fiscaux, une mesure visant à simplifier les démarches administratives pour les entreprises. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de digitalisation fiscale, mais elle intervient alors que le secteur aérien, représenté par Air Algérie, affiche des bénéfices records de 12,5 milliards de dinars en 2023 malgré des dettes colossales estimées à 200 milliards de dinars. Pour les entrepreneurs, cette contradiction soulève des questions sur l’allocation des ressources et la priorisation des secteurs stratégiques.
Côté Sénégal, des déclarations politiques récentes sur les bénéfices des télécommunications et les exonérations pour les moins de 35 ans ont suscité des débats sur la transparence fiscale dans la région. En Algérie, la circulaire de la DGI sur la retenue à la source en matière de TVA (prévue pour 2026) devrait impacter les SARL, notamment dans le BTP où les fiches de paie et congés payés font l’objet de précisions réglementaires.
Freelance et e-commerce : vers un cadre plus structuré
Le freelancing reste un levier pour l’emploi jeune, avec 32 idées d’entreprises rentables identifiées pour 2026, couvrant des secteurs comme le numérique, les services logistiques et l’artisanat. Ces propositions rejoignent les efforts du gouvernement pour développer un environnement numérique solide, comme en témoigne le projet de loi sur les services de confiance pour les transactions électroniques.
Ce cadre juridique vise à sécuriser les échanges en ligne, un enjeu clé pour les PME et les startups. L’Algérie mise sur la stabilité juridique pour attirer les investisseurs, alors que le Maroc renforce sa coopération commerciale avec le Sahel, un mouvement qui pourrait marginaliser davantage l’Algérie dans les flux économiques régionaux.
Diaspora entrepreneuriale : ouverture progressive
La diaspora algérienne fait l’objet d’une attention particulière cette semaine. À Charleroi, des entrepreneurs de retour ou en reconnexion avec l’Algérie ont partagé les défis locaux, notamment l’accès aux financements et la complexité administrative. Cependant, des annonces récentes pourraient faciliter leur intégration :
– Création d’entreprise à distance : une mesure attendue pour permettre aux Algériens à l’étranger de lancer une activité sans résidence physique en Algérie.
– Appels aux talents : plusieurs institutions et initiatives, comme l’incubateur soutenu par Macron, ciblent les compétences de la diaspora dans l’innovation tech et les startups.
Ces mesures s’ajoutent à la visite de la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, en Algérie, qui a confirmé le renforcement du partenariat algéro-italien, avec une attention portée aux PME et aux échanges industriels.
Registre de commerce : inscriptions en hausse, mais bilan contrasté
Le registre de commerce ambulant a enregistré 15 000 inscriptions depuis sa mise en place, un chiffre qui reflète l’engouement pour les micro-entreprises, notamment dans le commerce de détail et les services. Cependant, le bilan des voitures « made in Algérie » est qualifié de catastrophique par le gouvernement, avec des ventes en dessous des objectifs et une dépendance persistante aux importations.
TIRSAM, filiale du groupe public SNVI, a lancé la vente de camions fabriqués localement à partir de 390 millions de centimes (soit 3,9 millions de dinars), un prix qui reste compétitif face aux importations, mais qui interroge sur la rentabilité réelle de la production nationale dans un marché peu structuré.
Capital investissement : Macron mise sur l’Algérie, mais les défis persistent
Emmanuel Macron a dévoilé un projet d’incubateur de startups et un fonds d’investissement pour soutenir l’innovation tech en Algérie, une initiative qui s’ajoute aux grandes avancées des startups algériennes déjà actives dans la fintech, la HealthTech et l’agritech. Ces annonces interviennent alors que les alternatives de financement pour les PME (crédit-bail, affacturage, marché financier) gagnent du terrain, réduisant la dépendance aux crédits bancaires traditionnels.
En parallèle, les tensions géopolitiques dans le Golfe et le détroit d’Ormuz poussent les entreprises algériennes à explorer des voies commerciales alternatives, notamment via l’Afrique subsaharienne, où le Maroc tente de renforcer son influence face à l’isolement relatif de l’Algérie.
ANGEM et ANADE : deux leviers aux résultats inégaux
L’ANGEM (Agence nationale de gestion du microcrédit) reste un acteur clé pour l’entrepreneuriat populaire, mais son impact est limité par les contraintes de financement et de remboursement. Le projet de train Casablanca-Alger-Tunis (4 milliards de dollars) illustre les ambitions régionales, mais bute sur la fermeture de la frontière marocaine, un obstacle récurrent pour les échanges transmaghrébins.
Côté ANADE (Agence nationale de développement de l’entrepreneuriat), les partenariats internationaux, comme celui avec l’Italie, visent à attirer des investissements dans les secteurs de l’industrie et des services. Cependant, la concurrence marocaine et tunisienne dans la région Sahel complique la position de l’Algérie, qui mise sur ses atouts énergétiques et son marché intérieur pour compenser.
Synthèse des faits marquants
– Digitalisation fiscale : lancement d’une plateforme d’achat en ligne des timbres fiscaux.
– Freelance et e-commerce : 32 idées d’entreprises identifiées pour 2026, projet de loi sur les services de confiance.
– Diaspora : possibilités accrues de création d’entreprise à distance, appels à l’innovation.
– Registre de commerce : 15 000 inscriptions pour l’ambulant, mais bilan mitigé pour les « made in Algérie ».
– Financement PME : crédits alternatifs (affacturage, crédit-bail) en progression.
– Capital investissement : incubateur et fonds français pour les startups, mais tensions commerciales régionales.
– ANGEM/ANADE : microcrédit et partenariats internationaux, mais obstacles frontaliers et concurrence accrue.
À retenir pour les entrepreneurs
Les entrepreneurs doivent anticiper les évolutions fiscales (plateforme de timbres, retenue à la source TVA) et explorer les financements alternatifs (affacturage, crédit-bail). La diaspora peut désormais créer une entreprise à distance, et les secteurs du numérique, de l’artisanat et des services logistiques offrent des opportunités pour 2026.
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