Le crowdfunding algérien séduit les PME en quête de fonds

Le financement participatif, ou crowdfunding, émerge comme une solution concrète pour les entrepreneurs algériens confrontés aux difficultés d’accès au crédit bancaire. Selon une étude récente de la Banque d’Algérie, seulement 12 % des PME algériennes obtiennent un financement bancaire classique, un taux bien inférieur à la moyenne africaine. Face à ce constat, des plateformes locales comme Yomken.com ou Fundmylab commencent à gagner en visibilité, offrant une alternative aux circuits traditionnels.

Ces plateformes permettent aux porteurs de projets de lever des fonds directement auprès du public, souvent en échange de contreparties (produits, services, parts dans l’entreprise). En 2023, Yomken.com a ainsi financé 47 projets pour un montant total de 180 millions de dinars, selon ses propres données. Les secteurs les plus actifs sont l’agroalimentaire, les technologies vertes et l’artisanat, des domaines où les besoins en capital initial restent modérés mais cruciaux pour démarrer.

Un cadre légal encore flou mais en évolution

En attendant, les plateformes opèrent dans un vide juridique relatif, ce qui limite leur expansion. « Nous devons refuser certains projets par prudence, car nous ne voulons pas exposer nos contributeurs à des risques non maîtrisés », explique Samir Hamza, cofondateur de Fundmylab. Cette situation freine aussi l’arrivée d’investisseurs institutionnels, qui hésitent à s’engager sans garanties légales.

La diaspora algérienne, un levier sous-exploité

Plusieurs obstacles expliquent ce déséquilibre. D’abord, le manque de visibilité des plateformes algériennes à l’étranger. Ensuite, la méfiance envers des projets mal présentés ou peu transparents. « Beaucoup de porteurs de projets ne savent pas comment pitcher leur idée pour attirer les investisseurs, surtout ceux de la diaspora qui cherchent des garanties », souligne Leïla Benamar, consultante en levée de fonds.

Des initiatives commencent toutefois à émerger pour combler ce fossé. L’association « Diaspora Invest » organise depuis 2023 des webinaires mensuels pour mettre en relation entrepreneurs algériens et membres de la diaspora. « Nous avons déjà facilité le financement de cinq projets, dont une start-up de recyclage à Oran qui a levé 50 000 euros en trois mois », indique son président, Karim Meziane.

Des succès qui inspirent

Autre exemple : « DzTech », une plateforme de formation en ligne aux métiers du numérique, qui a levé 20 millions de dinars en 2024 grâce à une campagne ciblant principalement la diaspora. « Les contributeurs algériens de l’étranger ont été les plus actifs, car ils voient un intérêt direct à former des jeunes aux compétences recherchées sur le marché du travail », explique Sarah Bouzidi, cofondatrice du projet.

Les défis à relever

Le second défi est la fiscalité. Les revenus générés par les campagnes de crowdfunding ne sont pas clairement définis dans le code des impôts, ce qui peut décourager les porteurs de projets. « Nous payons des taxes sur les dons perçus, mais sans cadre précis, c’est compliqué de se projeter », témoigne un entrepreneur sous couvert d’anonymat.

Enfin, la concurrence des plateformes internationales comme Kickstarter ou Ulule, plus connues et mieux sécurisées, représente une menace pour les acteurs locaux. « Les Algériens préfèrent souvent passer par ces plateformes, même si elles prennent des commissions plus élevées, car elles offrent une meilleure visibilité », analyse un expert en fintech.

À retenir pour les entrepreneurs
Le crowdfunding en Algérie offre une alternative réelle au financement bancaire, surtout pour les projets innovants ou à impact social. Les porteurs de projets doivent miser sur une communication claire et transparente pour séduire les contributeurs, notamment ceux de la diaspora. En l’absence de cadre légal définitif, il est conseillé de se rapprocher des plateformes locales pour bénéficier d’un accompagnement adapté.

💡 Vous créez votre entreprise en Algérie ? GlobalStart vous accompagne pas à pas : démarches, coûts réels, statuts juridiques (SARL, EURL, SPA) et immatriculation CNRC.

Créer mon entreprise Pack 10 Fiches Business — diaspora

Laisser un commentaire