Loi de finances 2024 décryptée par Wahabi et Turki

La loi de finances 2024, adoptée récemment par les autorités algériennes, introduit plusieurs mesures fiscales et réglementaires qui impacteront directement les entreprises, en particulier les PME. Selon Tustex, les associés du cabinet AWT, Anis Wahabi et Wassim Turki, en ont analysé les principales dispositions, mettant en lumière des ajustements tant attendus et des défis persistants pour l’économie nationale.

Mesures fiscales ciblées pour les PME

Par ailleurs, la loi de finances 2024 instaure un régime fiscal simplifié pour les micro-entreprises, avec un taux unique de 10 % sur le chiffre d’affaires, sous réserve de ne pas dépasser un plafond annuel de 20 millions de dinars. Cette mesure, inspirée de modèles internationaux, pourrait encourager la formalisation des activités informelles, un enjeu récurrent en Algérie. Wahabi et Turki soulignent cependant que son succès dépendra de la clarté des critères d’éligibilité et de la capacité de l’administration à accompagner les entrepreneurs dans cette transition.

Renforcement des contrôles et lutte contre la fraude

Un autre point saillant concerne l’obligation pour les grandes entreprises de déclarer leurs transactions avec des filiales ou partenaires étrangers, une mesure visant à limiter les pratiques d’optimisation fiscale agressive. Selon Tustex, cette disposition s’inscrit dans une volonté plus large de transparence financière, mais elle pourrait aussi alourdir les procédures administratives pour les groupes internationaux opérant en Algérie.

Soutien à l’investissement et sectoriel

Pour le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP), souvent en première ligne des plans de relance, la loi prévoit une exonération temporaire de la taxe sur les activités polluantes pour les entreprises adoptant des matériaux écologiques. Une initiative qui s’aligne sur les engagements environnementaux de l’Algérie, mais dont l’impact réel dépendra de la disponibilité de ces matériaux sur le marché local.

Enjeux et limites des réformes

Un autre défi réside dans la mise en œuvre de ces dispositions. L’Algérie a déjà expérimenté des réformes similaires par le passé, mais leur application a souvent été entravée par des lenteurs administratives et un manque de coordination entre les différentes institutions. Pour éviter ces écueils, les auteurs de l’analyse recommandent un renforcement des capacités de l’administration fiscale et une simplification des procédures, notamment via la digitalisation des services.

Impact sur la compétitivité économique

Pour les PME, l’enjeu est double. D’un côté, les mesures fiscales et les incitations sectorielles offrent des opportunités pour se développer ou se moderniser. De l’autre, la persistance de barrières structurelles, comme l’accès limité au financement ou les délais de paiement des marchés publics, risque de limiter leur capacité à tirer pleinement profit de ces réformes. Comme le soulignent Wahabi et Turki, la loi de finances 2024 est un outil nécessaire, mais non suffisant, pour dynamiser le tissu économique algérien.

En définitive, cette loi reflète une volonté de modernisation du système fiscal et de soutien à l’entrepreneuriat, mais son succès dépendra de sa mise en œuvre concrète et de la capacité des acteurs économiques à s’adapter à un environnement en mutation. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact réel de ces mesures sur le terrain.

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