Le conseil des ministres algérien a adopté, lors de sa réunion du mercredi 28 décembre 2016, une série de mesures visant à renforcer les programmes de formation et de développement des compétences pour les entrepreneurs et les porteurs de projets. Selon Abidjan.net News, cette décision s’inscrit dans une volonté affichée de dynamiser le tissu économique national, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME) et les startups, souvent confrontées à des défis structurels en matière d’accès aux compétences et aux financements.
Un focus sur les compétences entrepreneuriales
Pour les entrepreneurs algériens, cette initiative pourrait combler un manque criant : selon une étude de la Banque mondiale publiée en 2015, près de 60 % des PME en Algérie peinent à recruter des profils qualifiés, un frein majeur à leur croissance. Les formations ciblées pourraient ainsi répondre à un besoin concret, en offrant des outils adaptés aux réalités du marché local.
La diaspora algérienne, un levier sous-exploité
Un rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) de 2016 estimait que la diaspora algérienne représentait un potentiel économique de plusieurs milliards de dollars, avec des transferts annuels dépassant les 2 milliards de dollars. Pourtant, seulement 5 % de ces fonds étaient orientés vers des projets entrepreneuriaux, en raison d’un manque de cadres incitatifs et d’accompagnement. Les nouvelles mesures pourraient donc servir de catalyseur pour attirer ces investissements, en offrant des garanties en termes de formation et de suivi des projets.
Des défis à relever pour une mise en œuvre efficace
Ensuite, l’accès aux financements reste un obstacle majeur. Selon la Banque d’Algérie, seulement 12 % des PME algériennes ont accès à des crédits bancaires, un taux bien inférieur à la moyenne régionale. Les nouvelles formations devront donc s’accompagner de mécanismes de financement adaptés, comme des fonds de garantie ou des prêts à taux zéro, pour être véritablement efficaces.
Enfin, la question de la qualité des formations sera déterminante. Les entrepreneurs algériens ont souvent exprimé leur frustration face à des programmes trop théoriques, déconnectés des réalités du terrain. Pour éviter cet écueil, les autorités pourraient s’inspirer de modèles réussis, comme celui du « 100 000 entrepreneurs » en France, qui mise sur des interventions de professionnels et des études de cas concrets.
Quels secteurs pourraient en profiter ?
L’agroalimentaire, qui emploie près de 20 % de la population active, est un autre secteur clé. Les PME locales, souvent spécialisées dans la transformation des produits agricoles, pourraient bénéficier de formations en gestion, en marketing ou en logistique, pour améliorer leur compétitivité face aux importations massives.
Enfin, les énergies renouvelables, un domaine où l’Algérie dispose d’un potentiel énorme (3 000 heures d’ensoleillement par an), pourraient attirer des investisseurs locaux et étrangers. Les formations dans ce secteur pourraient se concentrer sur les technologies vertes et les modèles économiques durables, en phase avec les objectifs nationaux de transition énergétique.
À retenir pour les entrepreneurs
Le conseil des ministres algérien a acté un renforcement des programmes de formation pour les entrepreneurs, avec un focus sur les secteurs du numérique, de l’agroalimentaire et des énergies renouvelables. Ces mesures pourraient faciliter l’accès aux compétences et attirer les investissements de la diaspora, mais leur succès dépendra de leur mise en œuvre concrète et de leur accompagnement par des financements adaptés. Les porteurs de projets devront suivre de près les détails des programmes pour en tirer profit.
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