La Banque d’Algérie soutient le Trésor sans risque inflationniste

Le ministre des Finances, Laaziz Faid, a tenu à rassurer les acteurs économiques et les citoyens sur les avances monétaires accordées par la Banque d’Algérie au Trésor public. Intervenant lors d’une conférence de presse organisée récemment, il a souligné que ces mécanismes de financement s’inscrivent dans un cadre strictement encadré, sans menacer la stabilité des prix ni la santé financière du pays. Selon L’Algérie Aujourd’hui, cette clarification intervient dans un contexte où les débats sur la gestion de la dette publique et la politique monétaire gagnent en intensité.

Un outil de financement encadré par la loi

Cette pratique, courante dans de nombreux pays, permet à l’État de couvrir des besoins de trésorerie à court terme sans recourir systématiquement à l’endettement extérieur. En Algérie, elle a été particulièrement sollicitée ces dernières années pour financer des projets structurants, notamment dans les secteurs des infrastructures et de l’énergie. Le ministre a insisté sur le fait que ces avances sont « temporaires et remboursables », contrairement à une émission monétaire pure qui pourrait alimenter une spirale inflationniste.

Une réponse aux tensions sur les recettes budgétaires

Cependant, cette stratégie n’est pas sans risques. Les économistes algériens soulignent que le recours répété aux avances monétaires peut, à terme, éroder la crédibilité de la politique monétaire si elle n’est pas accompagnée de réformes structurelles. Le gouverneur de la Banque d’Algérie, Salah Eddine Taleb, avait d’ailleurs mis en garde en 2024 contre une utilisation excessive de cet outil, rappelant que son rôle premier est de préserver la stabilité des prix. Selon L’Algérie Aujourd’hui, les autorités semblent avoir pris acte de ces réserves, en limitant les montants injectés et en diversifiant les sources de financement du Trésor.

Des garde-fous pour éviter les dérives

Le ministre a également évoqué les efforts déployés pour réduire la dépendance aux avances monétaires. Parmi les mesures phares, figurent l’élargissement de l’assiette fiscale, avec une lutte renforcée contre la fraude et l’économie informelle, ainsi que le développement des marchés financiers locaux. La récente émission d’obligations d’État en dinars, souscrite avec succès par les banques et les particuliers, illustre cette volonté de diversifier les sources de financement. Faid a précisé que ces initiatives visent à « réduire progressivement le recours aux avances tout en maintenant la stabilité financière ».

Un débat qui dépasse les frontières algériennes

Les analystes économiques locaux estiment que la clé réside dans l’équilibre entre soutien à l’économie et préservation des équilibres macroéconomiques. Pour l’économiste Mustapha Mekideche, interrogé par L’Algérie Aujourd’hui, « les avances monétaires peuvent être un outil utile à court terme, mais elles ne doivent pas devenir une solution permanente ». Il plaide pour une accélération des réformes visant à réduire la dépendance aux hydrocarbures et à renforcer la résilience du système financier.

Vers une normalisation des finances publiques ?

Pour autant, des défis persistent. La pression sur les finances publiques reste forte, avec des dépenses sociales et d’investissement difficilement compressibles. Les avances monétaires, bien que nécessaires dans l’immédiat, ne sauraient se substituer à une stratégie de long terme. Faid a d’ailleurs reconnu que « la solution durable passe par une diversification de l’économie et une meilleure mobilisation des ressources internes ».

En attendant, les observateurs notent une amélioration de la confiance dans la gestion économique du pays. Les agences de notation internationales, comme Moody’s ou Fitch, ont récemment relevé la perspective de la note souveraine de l’Algérie, citant notamment la stabilité des réserves de change et la prudence dans la gestion de la dette. Un signal encourageant, mais qui devra être confirmé par des résultats concrets sur le terrain.

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