5 millions d’arbres plantés en une journée en Algérie

L’Algérie a marqué un record national en matière de reboisement avec plus de 5 millions d’arbres plantés en une seule journée, selon un bilan publié récemment par Réalités Magazine. Cette opération, menée sous l’égide du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre la désertification et d’adaptation au changement climatique. Elle a mobilisé des milliers de volontaires, des institutions publiques et des acteurs privés à travers le pays.

Une mobilisation sans précédent

L’initiative, lancée en coordination avec les wilayas, a ciblé plusieurs régions vulnérables à la dégradation des sols, notamment dans les zones steppiques et sahariennes. Des espèces locales résistantes à la sécheresse, comme l’olivier, le caroubier et le pin d’Alep, ont été privilégiées pour assurer la pérennité des plantations. Selon les données du ministère, les wilayas de Tlemcen, Sétif, Batna et Tiaret figurent parmi les plus actives, avec des taux de participation dépassant les 10 000 arbres par région.

Le président Abdelmadjid Tebboune a salué cette opération lors d’une allocution télévisée, soulignant son importance pour « renforcer la résilience des écosystèmes algériens face aux effets du réchauffement climatique ». Il a également appelé à pérenniser ces efforts à travers un suivi rigoureux des jeunes plants, condition essentielle pour atteindre les objectifs fixés par le Plan national de reboisement 2020-2030.

Des défis logistiques et techniques

Malgré l’ampleur de l’opération, des experts interrogés par El Watan pointent des défis persistants. Le taux de survie des arbres plantés reste un enjeu majeur, notamment dans les zones arides où les précipitations sont faibles. « La plantation n’est qu’une première étape. Sans irrigation adaptée et sans protection contre le bétail, 30 à 50 % des plants risquent de mourir dans les deux premières années », explique un ingénieur forestier de l’Institut national de recherche forestière (INRF).

Pour y remédier, le ministère a annoncé le déploiement de systèmes d’irrigation goutte-à-goutte dans les zones les plus exposées, ainsi que la mise en place de clôtures pour protéger les jeunes pousses. Par ailleurs, une campagne de sensibilisation a été lancée auprès des éleveurs pour limiter le surpâturage, l’une des principales causes de la dégradation des sols en Algérie.

Un impact attendu sur le climat et l’agriculture

Cette opération s’inscrit dans une dynamique plus large visant à atténuer les effets du changement climatique en Algérie. Selon une étude publiée par Jeune Afrique en 2023, le pays figure parmi les plus exposés du bassin méditerranéen aux risques de désertification, avec une extension du Sahara de près de 10 % au cours du dernier siècle. Les plantations massives devraient contribuer à stabiliser les sols, réduire l’érosion et favoriser la recharge des nappes phréatiques.

Sur le plan économique, le reboisement pourrait aussi soutenir les filières agricoles locales. « Les arbres plantés, comme l’olivier ou le caroubier, ont une double vocation : écologique et productive. Ils peuvent générer des revenus pour les populations rurales tout en restaurant les écosystèmes », précise un responsable de la Chambre nationale d’agriculture (CNA).

Prochaines étapes et financements

Pour maintenir cette dynamique, le gouvernement algérien a annoncé un budget supplémentaire de 2 milliards de dinars pour l’année 2025, destiné à financer de nouvelles campagnes de plantation et à renforcer les infrastructures de suivi. Une partie de ces fonds sera allouée à la formation des agriculteurs et des techniciens locaux, afin d’améliorer les techniques de plantation et d’entretien.

Par ailleurs, des partenariats internationaux sont en cours de négociation, notamment avec l’Union européenne et la Banque mondiale, pour soutenir les projets de reboisement dans le sud du pays. « L’Algérie ne peut pas agir seule face à la désertification. La coopération régionale et internationale est indispensable pour partager les bonnes pratiques et mobiliser des ressources supplémentaires », déclare un haut responsable du ministère de l’Environnement.

Réactions des citoyens et des associations

Sur les réseaux sociaux, l’opération a suscité un vif engouement, avec des milliers de publications sous le hashtag #5MillionsDArbres. Des associations écologistes, comme Barbarous et EcoAlgérie, ont salué l’initiative tout en appelant à une plus grande transparence dans la gestion des fonds et à une implication accrue des communautés locales.

« C’est une avancée importante, mais il faut aller plus loin. Nous demandons la création d’un observatoire national du reboisement pour évaluer l’impact réel de ces plantations et garantir leur pérennité », souligne un membre de Barbarous dans une déclaration à Liberté.

Cette opération record marque une étape clé dans la stratégie environnementale de l’Algérie. Si les défis restent nombreux, elle démontre une volonté politique et citoyenne de lutter contre les effets du changement climatique, tout en offrant des perspectives économiques pour les régions les plus vulnérables.

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