La Banque d’Algérie a récemment renforcé les contrôles sur les dépôts en espèces effectués par les comptes commerciaux, une mesure qui vise à lutter contre les flux financiers non déclarés et à renforcer la transparence du système bancaire. Selon Algerie Eco, qui a révélé l’information en décembre 2025, cette décision s’inscrit dans une série de réformes destinées à moderniser le secteur financier et à aligner les pratiques locales sur les standards internationaux.
Des restrictions ciblées pour les professionnels
La Banque d’Algérie a également exigé des banques commerciales qu’elles renforcent leurs procédures de vérification, notamment en croisant les données avec celles de la Direction générale des impôts (DGI) et de la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS). « Les établissements bancaires doivent désormais signaler toute anomalie aux autorités compétentes », précise un responsable de la Banque extérieure d’Algérie (BEA), sous couvert d’anonymat.
Un impact sur l’économie informelle
Cependant, certains acteurs économiques expriment des réserves. « Beaucoup de petits commerçants n’ont pas accès aux terminaux de paiement électronique, et les frais bancaires restent élevés pour les petites structures », explique Mohamed K., gérant d’une épicerie à Alger. « Si la Banque d’Algérie ne facilite pas l’accès aux outils de paiement dématérialisés, cette mesure risque de pénaliser davantage les petits acteurs. »
Une réponse aux pressions internationales
La Banque d’Algérie a d’ailleurs annoncé en parallèle le lancement d’un système de surveillance électronique des transactions, en collaboration avec des experts internationaux. Ce dispositif, qui devrait être opérationnel d’ici 2026, permettra de détecter en temps réel les mouvements suspects et de les signaler aux autorités judiciaires.
Les banques algériennes en première ligne
Certaines banques ont déjà commencé à adapter leurs services. La Banque de développement local (BDL) a par exemple lancé une campagne de sensibilisation auprès de ses clients commerçants, leur expliquant les avantages des paiements électroniques et les risques encourus en cas de non-respect des règles. « Nous encourageons nos clients à régulariser leur situation avant que les contrôles ne deviennent plus stricts », indique un responsable de la BDL.
Vers une généralisation des paiements électroniques ?
Pour accélérer la transition, les autorités pourraient envisager des mesures complémentaires, comme l’obligation pour les commerçants d’accepter les paiements électroniques au-delà d’un certain montant, ou la réduction des frais de transaction pour les petits montants. « La clé, c’est de rendre les solutions électroniques plus accessibles et moins coûteuses que le cash », estime un économiste algérien.
Un équilibre délicat à trouver
Pour l’heure, la Banque d’Algérie n’a pas précisé si des sanctions seraient appliquées en cas de non-respect des nouvelles règles. Mais avec la pression croissante des régulateurs internationaux et la volonté affichée du gouvernement de diversifier l’économie, il est probable que ces mesures ne soient qu’une première étape vers un système financier plus transparent et plus inclusif.