Le projet FIER (Financement Innovant pour l’Énergie Renouvelable), lancé il y a quatre ans à Madagascar avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (UNDP), commence à livrer des résultats tangibles. Selon UNDP, ces avancées pourraient servir de modèle pour des pays comme l’Algérie, engagés dans une transition énergétique équitable. Les mécanismes mis en place à Madagascar offrent des pistes concrètes pour surmonter les obstacles financiers et sociaux qui freinent souvent les projets d’énergies propres.
Un modèle de financement novateur
L’un des atouts majeurs de FIER réside dans son mécanisme de microfinancement. Les communautés locales sont associées dès la conception des projets, ce qui garantit leur adhésion et leur participation active. En Algérie, des initiatives similaires pourraient être déployées dans les Hauts-Plateaux ou le Sud, où les besoins en énergie sont criants mais où les infrastructures manquent. Le Fonds national pour les énergies renouvelables (FNER), créé en 2020, pourrait s’inspirer de cette approche pour accélérer la couverture énergétique des zones isolées.
Des résultats concrets et reproductibles
Autre enseignement clé : l’importance de la formation. Le projet FIER a mis en place des programmes de capacitation pour les techniciens locaux, assurant ainsi la pérennité des installations. L’Algérie, qui dispose déjà d’écoles spécialisées comme l’École nationale polytechnique d’Alger ou le Centre de développement des énergies renouvelables (CDER), pourrait renforcer ces dispositifs en s’appuyant sur des partenariats internationaux. Une collaboration avec l’UNDP ou d’autres agences onusiennes permettrait de transférer ces compétences et d’éviter les écueils rencontrés ailleurs.
Les défis de l’adaptation au contexte algérien
Pour contourner ces obstacles, l’Algérie pourrait s’inspirer de la gouvernance décentralisée de FIER. À Madagascar, les décisions sont prises en concertation avec les autorités locales et les communautés, ce qui accélère les processus. En Algérie, une réforme des procédures, couplée à une décentralisation partielle des compétences énergétiques vers les wilayas, pourrait simplifier les démarches. Le ministère de l’Intérieur, en collaboration avec le ministère de l’Énergie, pourrait piloter cette transition en s’appuyant sur les expériences réussies à l’étranger.
Un appel à l’action pour les décideurs algériens
Les prochains mois seront décisifs. Le gouvernement algérien doit accélérer la mise en œuvre de sa stratégie énergétique, en s’appuyant sur des modèles éprouvés comme FIER. Une coopération renforcée avec l’UNDP et d’autres partenaires internationaux pourrait faciliter ce processus. Par ailleurs, les acteurs privés algériens, comme Sonelgaz ou Sonatrach, ont un rôle clé à jouer en investissant dans des projets locaux et en soutenant les PME spécialisées dans les énergies propres.
Enfin, la sensibilisation des citoyens est un volet souvent négligé. À Madagascar, le projet FIER a intégré des campagnes de communication pour expliquer les bénéfices des énergies renouvelables. En Algérie, où les subventions aux énergies fossiles restent élevées, une telle démarche pourrait préparer le terrain à une acceptation plus large des nouvelles technologies. Les médias nationaux et les associations locales pourraient être mobilisés pour diffuser ces messages et favoriser une transition énergétique inclusive.
Les succès de FIER à Madagascar rappellent que la transition énergétique n’est pas une utopie, mais un objectif réalisable avec les bonnes méthodes. Pour l’Algérie, l’enjeu est désormais de s’approprier ces leçons et de les adapter à son contexte, afin de concilier développement économique, justice sociale et préservation de l’environnement.