Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, a récemment appelé à une renégociation rapide de l’accord franco-algérien de 1968, un texte qui régit les relations militaires et sécuritaires entre les deux pays. Cette déclaration, rapportée par La Nouvelle République en novembre 2025, intervient dans un contexte de tensions persistantes et de tentatives de rapprochement entre Alger et Paris. L’accord en question, signé peu après l’indépendance de l’Algérie, encadre notamment les conditions de stationnement des forces françaises en Algérie, les échanges d’informations militaires et les modalités de coopération en matière de défense.
Un accord vieillissant, des enjeux modernes
D’après TSA, le président Abdelmadjid Tebboune aurait exprimé, lors d’un entretien avec des responsables français, sa volonté de voir cet accord évoluer, mais sans précipitation. « L’Algérie ne signera rien sous pression », aurait-il déclaré, rappelant que toute renégociation devra prendre en compte les intérêts nationaux, notamment en matière de souveraineté territoriale et de désarmement des contentieux historiques.
Les points de friction
Enfin, la question des visas et des migrations, bien que distincte de l’accord de 1968, pèse sur les discussions. Le Matin d’Algérie souligne que les restrictions imposées par la France en 2021 ont alimenté un ressentiment durable, compliquant toute négociation bilatérale.
Les attentes algériennes
Selon l’APS, le ministère algérien des Affaires étrangères aurait préparé un document de travail détaillant ces exigences. Ce texte, transmis aux autorités françaises, insiste sur la nécessité de « dépasser les logiques postcoloniales » pour construire une relation « mutuellement bénéfique ».
Les défis français
Vers une nouvelle donne ?
Les observateurs notent que l’Algérie, forte de ses réserves gazières et de son influence régionale, est en position de force. Comme l’a souligné El Khabar, « Paris a besoin d’Alger autant qu’Alger a besoin de Paris, mais plus dans les mêmes termes qu’avant ». Reste à savoir si cette équation sera respectée dans les négociations à venir.