L’Algérie lance une opération de reboisement sans précédent. Sonatrach, le géant national des hydrocarbures, a annoncé récemment un investissement d’un milliard de dollars pour planter des millions d’arbres à travers le pays. Ce projet, révélé par le site d’information tsa-algerie.com, marque une étape clé dans la stratégie algérienne de sécurité alimentaire et de lutte contre la désertification.
Un plan ambitieux pour 2024-2027
Les espèces sélectionnées incluent des arbres adaptés aux conditions arides, comme l’olivier, le caroubier et le pin d’Alep, ainsi que des plantes fourragères pour soutenir l’élevage. Des pépinières seront installées dans chaque wilaya concernée, avec une participation active des communes et des associations locales.
Sécurité alimentaire et souveraineté verte
« Les arbres jouent un rôle crucial dans la régulation du cycle de l’eau et la protection des cultures contre les vents violents », explique un expert en agroécologie interrogé par El Watan. « En restaurant les zones dégradées, on crée aussi des corridors écologiques qui profitent à la biodiversité. »
Partenariats et transparence
Pour garantir la transparence, Sonatrach a annoncé la création d’un comité de suivi incluant des représentants de la société civile. « Chaque dinar investi sera traçable, et les résultats seront publiés régulièrement », assure un communiqué du groupe.
Défis logistiques et climatiques
« Nous utilisons des méthodes éprouvées dans d’autres pays sahéliens, comme le Niger ou le Sénégal, où des projets similaires ont permis de reverdir des zones désertiques », précise un ingénieur agronome impliqué dans le programme.
Impact économique et social
Les retombées attendues incluent aussi une réduction des importations de bois et de fourrage, deux postes de dépenses importants pour l’Algérie. Selon une étude de la Banque mondiale, chaque hectare reboisé peut générer jusqu’à 5 000 dollars de bénéfices annuels, entre la vente de produits forestiers et les économies réalisées sur les importations.
Un modèle pour l’Afrique ?
Pour l’Algérie, ce projet s’inscrit dans une vision plus large, celle d’une souveraineté écologique. En diversifiant ses sources de revenus et en réduisant sa dépendance aux hydrocarbures, le pays cherche à anticiper les défis futurs. « La sécurité alimentaire passe aussi par la gestion durable de nos ressources naturelles », a rappelé le président Abdelmadjid Tebboune lors d’un discours en 2024.
Prochaines étapes
« Ce n’est pas seulement un projet de Sonatrach, c’est un projet national », résume un cadre du groupe. « Chaque Algérien peut y contribuer, ne serait-ce qu’en plantant un arbre dans son jardin ou en participant aux opérations de reboisement organisées par sa commune. »
Avec ce milliard de dollars, l’Algérie écrit une nouvelle page de son histoire environnementale, prouvant que même dans un contexte économique tendu, des solutions innovantes et durables sont possibles.