Algerian Startup Fund dépasse 300 start-up financées

L’Algerian Startup Fund (ASF), fonds public dédié à l’innovation et à l’entrepreneuriat technologique, a franchi une étape significative en accompagnant plus de 300 start-up algériennes. Cette annonce, faite récemment par Okba Hachani, directeur général de l’ASF, marque une accélération dans le soutien aux jeunes pousses locales, un secteur en pleine expansion depuis la promulgation de la loi sur les start-up en 2022.

Selon Okba Hachani, interrogé par Horizons, l’ASF a non seulement injecté des fonds dans ces entreprises, mais a également mis en place un dispositif d’accompagnement technique et stratégique. « Nous ne nous contentons pas de financer. Nous offrons un suivi personnalisé, des formations et un accès à un réseau d’experts pour maximiser les chances de succès », a-t-il déclaré. Parmi les secteurs les plus représentés figurent les technologies de l’information, l’agritech, la santé numérique et les énergies renouvelables.

Le fonds, créé en 2020 sous l’égide du ministère de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, a bénéficié d’un budget initial de 10 milliards de dinars algériens (environ 70 millions d’euros). Ce montant a été progressivement augmenté pour répondre à la demande croissante. En 2024, l’ASF a reçu plus de 1 200 demandes de financement, dont seulement un quart a été retenu après une évaluation rigoureuse. « Notre critère principal est l’innovation. Nous cherchons des projets qui apportent une solution nouvelle à un problème réel, avec un potentiel de croissance à l’international », précise Hachani.

Un écosystème en maturation

Pour soutenir cette dynamique, l’ASF a noué des partenariats avec des incubateurs privés et publics, comme 1000 Startups à Alger ou InnoTech à Oran. Ces structures offrent un espace de travail collaboratif, des mentorats et des connexions avec des investisseurs. « L’objectif est de créer un écosystème où les start-up peuvent grandir sans quitter le pays. Trop de talents partaient à l’étranger faute de soutien local », explique un responsable de 1000 Startups.

Des défis persistants

Autre défi : la bureaucratie. Bien que la loi sur les start-up ait simplifié les procédures de création d’entreprise, certaines démarches administratives restent longues et complexes. « Il faut parfois six mois pour obtenir une autorisation ou un agrément, ce qui peut tuer un projet dans l’œuf », déplore un fondateur de start-up dans le domaine de l’agritech.

Enfin, la formation des talents locaux est un enjeu crucial. Les écoles et universités algériennes peinent à suivre le rythme des évolutions technologiques. « Nous manquons de profils spécialisés en intelligence artificielle, en blockchain ou en cybersécurité. Les start-up doivent souvent recruter à l’étranger ou former elles-mêmes leurs employés », indique un responsable de l’incubateur InnoTech.

Vers une internationalisation

Par ailleurs, l’ASF encourage les start-up algériennes à participer à des salons et compétitions internationales. En 2024, plusieurs d’entre elles ont été primées, comme EcoTech, qui a remporté le prix de l’innovation verte au salon Viva Technology à Paris, ou SmartFarm, récompensée pour ses solutions d’irrigation intelligente au GITEX de Dubaï.

Un impact économique tangible

« Les start-up ne sont plus perçues comme une mode, mais comme un levier de développement. Elles attirent des investissements, stimulent l’innovation et créent des emplois qualifiés », affirme un économiste algérien, qui préfère rester anonyme.

Pour Okba Hachani, l’objectif est clair : « D’ici 2027, nous voulons doubler le nombre de start-up financées et faire de l’Algérie un hub technologique pour l’Afrique. Cela passe par plus de financements, mais aussi par une meilleure formation et une simplification des procédures. »

Si les défis restent nombreux, l’Algérie semble déterminée à faire de son écosystème start-up un pilier de son économie future. Avec plus de 300 entreprises accompagnées, l’ASF a posé les bases d’un modèle qui pourrait inspirer d’autres pays de la région. Reste à savoir si les efforts se traduiront par des succès durables sur la scène internationale.

Laisser un commentaire