Revue de presse : Made in Algeria, Industrie Algérie, Gastronomie algérienne…

**L’Algérie à l’épreuve de la cohérence : un puzzle en mouvement**

Ce qui frappe, c’est l’absence de récit unifié. L’Algérie parle plusieurs langues : celle des grands projets miniers et ferroviaires, celle des start-up numériques, celle des petits agriculteurs de safran, celle des diasporas courtisées mais toujours suspectes. Ces fragments ne s’emboîtent pas naturellement. Ils révèlent une société en tension entre trois forces : l’urgence de la transition économique, l’inertie des rapports de pouvoir, et l’émergence de nouvelles élites technocratiques ou entrepreneuriales. Le défi n’est pas seulement technique – construire des autoroutes ou numériser des archives cinématographiques – mais philosophique : comment faire tenir ensemble ces morceaux d’Algérie sans que l’un ne phagocyte les autres ?

**L’État-stratège : le retour du colbertisme algérien ?**

1. L’industrie minière : Le projet de prise de participation de 15 % dans les mines mozambicaines, l’exploitation controversée du zinc d’Amizour, ou la restructuration du secteur autour du rail (pour exporter phosphates et minerais) montrent une volonté de contrôler les chaînes de valeur. L’Algérie ne se contente plus d’exporter des matières premières ; elle cherche à les transformer, à les transporter, et à en capter la plus-value. La logistique devient un enjeu stratégique, comme en témoigne le développement du réseau ferroviaire pour les produits agricoles et miniers.

2. L’agriculture : Entre l’électrification rurale par Sonelgaz, la promotion du safran comme « or rouge » des zones marginalisées, et la coopération avec les États-Unis pour les oléagineux, l’État tente de réconcilier souveraineté alimentaire et modernisation. Pourtant, cette politique bute sur un paradoxe : comment booster une agriculture intensive (celle des oléagineux, par exemple) sans marginaliser davantage les petits producteurs, déjà fragilisés par la désertification et le manque d’accès aux marchés ?

3. Les infrastructures : L’autoroute Est-Ouest, achevée par une entreprise chinoise, symbolise cette nouvelle ère. Mais le buzz autour d’une simple sandwicherie en bord d’autoroute révèle une autre réalité : l’économie informelle reste le vrai filet de sécurité pour des millions d’Algériens. L’État construit des cathédrales de béton, mais c’est le petit commerce qui fait vivre les territoires.

Fils rouge : Ces initiatives trahissent une obsession – la maîtrise du temps. L’Algérie veut accélérer sa transition économique avant que la fenêtre d’opportunité ne se referme (épuisement des réserves de gaz, pression démographique, concurrence africaine). Mais cette précipitation crée des distorsions : les grands projets avancent, tandis que les marges sociales (agriculteurs, jeunes diplômés, travailleurs informels) restent en suspens.

**La fracture invisible : qui profite de la diversification ?**

**1. L’agriculture : entre modernisation et exclusion**

Contradiction : L’État promeut la souveraineté alimentaire, mais ses outils (subventions, partenariats) favorisent les grands acteurs. Les petits producteurs, eux, restent dépendants des circuits informels – ou de l’exode.

**2. L’industrie minière : le retour des rentiers ?**

Paradoxe : L’Algérie veut attirer les investisseurs étrangers (via la Haute Commission de recours relatifs à l’investissement), mais elle maintient un contrôle étatique strict sur les secteurs stratégiques. Résultat : les capitaux étrangers hésitent, et les investissements locaux restent concentrés entre les mains d’une élite économique.

**3. Le numérique : une révolution pour les élites ?**

Exemple frappant** : L’USTHB (Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediene) signe des conventions avec des entreprises, mais combien de ses diplômés trouvent un emploi dans leur domaine ? Le numérique crée des emplois, mais surtout pour une minorité urbaine et éduquée. **La fracture numérique est aussi une fracture sociale.

**Culture et diaspora : les oubliés de la transition ?**

**1. Le patrimoine cinématographique : numériser l’oubli ?**

**2. La diaspora : un potentiel sous-exploité**

Exemple manquant : Aucune actualité ne mentionne de politique claire pour attirer les investissements de la diaspora, contrairement au Maroc ou à la Tunisie. Pourtant, des milliers d’Algériens de l’étranger rêvent de contribuer au développement de leur pays – à condition que les obstacles bureaucratiques et les suspicions politiques disparaissent.

**Infrastructures : le miroir des déséquilibres**

2. Les partenariats africains (comme avec le Niger) sont une avancée géopolitique, mais ils révèlent aussi les limites de la diplomatie économique algérienne. L’Algérie veut être le hub africain, mais elle peine à concurrencer le Maroc (qui mise sur les énergies renouvelables) ou l’Égypte (qui attire les investissements du Golfe).

Contradiction majeure : L’Algérie dépense des milliards pour des infrastructures, mais elle néglige l’entretien et la maintenance. Résultat : des routes neuves se dégradent en quelques années, et les budgets de réparation explosent.

**Synthèse prospective : l’Algérie à la croisée des chemins**

**1. Le scénario "État développeur" (le plus probable)**

Risque : Ce scénario peut conduire à une Algérie à deux vitesses – une économie moderne pour les élites, et une économie informelle pour les masses.

**2. Le scénario "

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