Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le gouvernement algérien ont récemment lancé un projet destiné à soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) dirigées par des jeunes. Ce partenariat, annoncé par La Patrie News, vise à renforcer l’écosystème entrepreneurial en Algérie, en ciblant particulièrement les porteurs de projets âgés de 18 à 35 ans. L’initiative s’inscrit dans une volonté de dynamiser l’emploi et de diversifier l’économie nationale, en misant sur l’innovation et la créativité des jeunes Algériens.
Selon les données du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, le taux de chômage chez les jeunes dépasse les 20 %, un chiffre qui justifie l’urgence de telles mesures. Le projet PNUD-Algérie prévoit plusieurs axes d’intervention, dont l’accès au financement, la formation en gestion d’entreprise et l’accompagnement technique. Une attention particulière sera accordée aux régions intérieures, souvent négligées par les programmes de développement économique.
Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Abderrazak Sebgag, a souligné lors d’une rencontre avec des représentants du PNUD que ce projet s’aligne sur la stratégie nationale de promotion de l’entrepreneuriat jeune. « Nous voulons créer un environnement favorable pour que les jeunes Algériens puissent transformer leurs idées en entreprises viables », a-t-il déclaré. Le PNUD, de son côté, a confirmé que des fonds seront alloués pour soutenir 500 projets d’ici 2027, avec une priorité accordée aux secteurs des technologies, de l’agriculture durable et des énergies renouvelables.
Un coup de pouce financier et technique
En parallèle, des incubateurs seront mis en place dans plusieurs wilayas, dont Alger, Oran, Constantine et Tamanrasset. Ces structures offriront un accompagnement personnalisé, allant de la rédaction du business plan à la recherche de marchés. « L’objectif n’est pas seulement de financer, mais aussi de former et de suivre les entrepreneurs sur le long terme », précise La Patrie News. Des ateliers sur la gestion financière, le marketing digital et la conformité légale seront organisés en collaboration avec des experts locaux et internationaux.
Des secteurs prioritaires pour l’Algérie de demain
L’agriculture durable est un autre axe prioritaire. Le projet encourage les jeunes à se lancer dans des initiatives respectueuses de l’environnement, comme l’agriculture biologique ou les énergies vertes. « Nous voulons montrer que l’agriculture peut être rentable et écologique, surtout dans un pays comme l’Algérie où les terres arables sont sous-exploitées », explique un responsable du ministère de l’Agriculture. Des subventions seront accordées pour l’achat de matériel moderne et la formation aux techniques agricoles innovantes.
Enfin, les énergies renouvelables représentent un secteur clé. Avec un ensoleillement parmi les plus élevés au monde, l’Algérie a tout intérêt à développer les filières solaire et éolienne. Le projet PNUD prévoit de soutenir des jeunes entrepreneurs dans la création de microcentrales solaires ou de parcs éoliens de petite taille. « C’est une opportunité pour les jeunes de contribuer à la transition énergétique du pays tout en créant des emplois », souligne un expert du secteur.
Des défis à relever
Un autre défi concerne la mentalité. En Algérie, l’entrepreneuriat est encore perçu comme une voie risquée, surtout face à la sécurité de l’emploi public. « Beaucoup de jeunes préfèrent attendre un poste dans la fonction publique plutôt que de se lancer dans un projet privé », observe un sociologue interrogé par Liberté. Pour changer cette perception, des campagnes de sensibilisation seront menées dans les universités et les centres de formation professionnelle.
Des exemples à suivre
Le projet PNUD-Algérie pourrait également s’inspirer d’initiatives similaires menées au Maroc ou en Tunisie, où des programmes de soutien aux jeunes entrepreneurs ont porté leurs fruits. « Nous allons étudier ces modèles pour les adapter au contexte algérien », confirme un responsable du PNUD. Parmi les pistes envisagées : la création de réseaux d’entrepreneurs, des concours de startups et des partenariats avec des entreprises internationales.
Un projet dans la durée
Les premiers bénéficiaires du projet devraient être sélectionnés d’ici la fin de l’année, avec un démarrage effectif des activités en 2025. « C’est une étape importante pour l’Algérie, mais ce n’est qu’un début. Nous devons continuer à investir dans notre jeunesse pour construire une économie résiliente et diversifiée », conclut le ministre.