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**L’Algérie à l’épreuve du temps : entre héritage et bifurcation**
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**Le paradoxe énergétique : quand le soleil algérien éclaire (enfin) le monde**
Pourquoi ce retard ? Parce que la transition énergétique algérienne est un miroir grossissant des contradictions du système. D’un côté, le gouvernement annonce des mégaprojets solaires (15 GW d’ici 2035) et mise sur Gara Djebilet, ce gisement de fer géant qui pourrait réduire la dépendance aux importations d’acier. De l’autre, Sonatrach, mastodonte pétrolier, freine des quatre fers : une sortie brutale des hydrocarbures menacerait les 60% de recettes budgétaires qu’ils génèrent. Résultat ? Une schizophrénie institutionnelle où l’on parle « transition » en conférence internationale, mais où l’on subventionne encore l’essence à 0,30 euro le litre pour calmer les tensions sociales.
La clé ? Peut-être dans la diaspora. Les ingénieurs algériens formés en Europe ou aux États-Unis reviennent avec des compétences en énergies propres, comme en témoigne l’intérêt croissant pour les start-up vertes à Alger ou Oran. Mais ces talents se heurtent à un écosystème où les permis de construire pour une ferme solaire prennent des années, et où les banques préfèrent financer des projets immobiliers spéculatifs plutôt que des panneaux photovoltaïques. L’Algérie a les ressources, les cerveaux, et même les fonds (le Fonds national des investissements regorge de liquidités). Ce qui lui manque, c’est un État stratège capable de trancher : veut-on rester le pompiste de l’Europe, ou devenir son fournisseur d’électricité verte ?
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**La guerre commerciale, ou comment l’Algérie paie les caprices de Trump**
Cette dépendance aux importations (70% des besoins alimentaires, 90% des biens industriels) est le symptôme d’un modèle économique à bout de souffle. Depuis les années 1970, l’Algérie a cru pouvoir acheter sa paix sociale en important massivement, grâce à la rente pétrolière. Aujourd’hui, avec la chute des cours et la hausse des dépenses publiques (salaires des fonctionnaires, subventions), le pays puise dans ses réserves de change (moins de 50 milliards de dollars en 2024, contre 200 en 2014).
Les solutions existent pourtant :
1. L’industrialisation par substitution : le projet Gara Djebilet, s’il aboutit, pourrait réduire les importations d’acier de 3 milliards de dollars par an. Mais les retards s’accumulent, faute de coordination entre ministères.
2. L’agriculture : l’Algérie importe 10 millions de tonnes de blé par an. Pourtant, les terres fertiles de la Mitidja ou des Hauts-Plateaux pourraient nourrir le pays, à condition d’investir dans l’irrigation et les coopératives.
3. L’artisanat et l’économie circulaire : le Festival de la poterie de Maâtkas rappelle que des filières locales (céramique, textile, cuir) pourraient créer des emplois et réduire les importations de biens de consommation. Mais ces secteurs sont marginalisés, faute de crédits et de formation.
Le vrai problème n’est pas technique, mais politique : l’Algérie a peur de la dévaluation du dinar (qui rendrait les importations encore plus chères) et craint les émeutes sociales si les subventions sont supprimées. Résultat ? Elle s’enfonce dans un statu quo coûteux, où chaque surtaxe américaine est un rappel cinglant de son échec à construire une économie résiliente.
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**Numérique et santé : l’Algérie entre IA et médecine de guerre**
Pourtant, les signes d’une révolution numérique sont là :
– Huawei négocie avec le gouvernement pour déployer la 5G, malgré les réticences des États-Unis.
– L’e-commerce explose, porté par des plateformes comme Jumia ou des entrepreneurs locaux qui vendent des produits artisanaux en ligne.
– Le secteur postal se digitalise, avec l’ambition de devenir un « pilier des services publics ».
Mais cette modernisation à deux vitesses révèle une vérité cruelle : l’Algérie numérise ses infrastructures sans numériser ses institutions. Les hôpitaux algériens, par exemple, manquent cruellement de données fiables pour utiliser l’IA. Pire, la formation des médecins reste ancrée dans un modèle hospitalo-centré, où la prévention et la médecine de précision (comme en Côte d’Ivoire) sont négligées.
La solution ? Peut-être dans l’hybridation. Des start-up comme DabaDoc (plateforme de prise de rendez-vous médicaux) ou Yassir (VTC algérien) montrent que le numérique peut contourner les lourdeurs de l’État. Mais ces initiatives restent fragiles, car elles dépendent d’un écosystème bancaire archaïque et d’une réglementation tatillonne.
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**Patrimoine et diaspora : les deux visages de la mémoire algérienne**
Ces deux actualités racontent la même histoire : celle d’une Algérie qui peine à faire le deuil de son passé, tout en cherchant désespérément à se projeter dans l’avenir.
Le patrimoine algérien est un champ de bataille :
– Symbolique : les sites classés (comme les ksour du Sud ou les vestiges romains de Timgad) sont des marqueurs de l’identité nationale, mais leur préservation se heurte au manque de moyens et à la corruption.
– Économique : le tourisme culturel pourrait rapporter des milliards, mais l’Algérie n’attire que 2,5 millions de visiteurs par an (contre 12 millions pour le Maroc). Pourquoi ? Parce que les visas sont difficiles à obtenir, les infrastructures hôtelières vétustes, et la promotion inexistante.
– Politique : le patrimoine est instrumentalisé. Le régime célèbre les héros de la guerre d’indépendance, mais censure les mémoires des harkis ou des Berbères.
La diaspora, elle, est à la fois une bouée de sauvetage et un miroir déformant :
– Économique : les transferts d’argent des Algériens de l’étranger (2 milliards de dollars par an) soutiennent des familles entières. Mais ces fonds servent souvent à acheter des biens de consommation importés, plutôt qu’à investir dans des projets locaux.
– Culturelle : des artistes comme Fianso ou des entrepreneurs comme Tolga El Baraka (héritier d’une dynastie textile) exportent une image moderne de l’Algérie. Mais cette image reste celle d’une élite déconnectée des réalités du pays.
– Politique : la diaspora est courtisée (le président promet une « modernisation complète » d’ici 2026), mais elle est aussi surveillée. Les Algériens de France qui critiquent le régime voient leurs familles harcelées en Algérie.
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**L’entrepreneuriat, ou l’art de naviguer entre les écueils**
Ces trois exemples résument les trois visages de l’entrepreneuriat algérien :
1. Les champions nationaux : comme Faderco ou Cevital, ces entreprises ont réussi à percer grâce à des stratégies agressives (acquisitions, exportations) et à des liens privilégiés avec le pouvoir. Mais elles restent dépendantes des commandes publiques et des subventions.
2. Les rentiers : les projets miniers (phosphate, fer) sont financés par l’État, mais leur rentabilité est incertaine. Gara Djebilet, par exemple, nécessite des investissements colossaux en infrastructures (routes, chemins de fer) avant de pouvoir exporter.
3. Les invisibles : les artisans, les petits agriculteurs, les start-up numériques. Ils créent des emplois, mais se heurtent au manque de financements, à la bureaucratie, et à la concurrence des importations.
Le vrai défi ? Créer un écosystème où