Le Maroc accélère son virage solaire face à la pression mondiale

Le Maroc a récemment renforcé sa stratégie énergétique en réponse à une dynamique internationale de plus en plus exigeante en matière de transition verte. Selon Le360, ce mouvement, impulsé par les engagements climatiques et la compétitivité des technologies renouvelables, place le royaume en position de leader régional. Une évolution qui interroge directement la trajectoire de l’Algérie, dont les ambitions dans ce domaine restent en deçà des attentes malgré un potentiel solaire et éolien exceptionnel.

Un modèle marocain adossé aux partenariats internationaux

Le royaume mise également sur l’hydrogène vert, avec l’annonce en 2024 d’un méga-projet à Guelmim-Oued Noun, visant une production de 1,5 million de tonnes par an d’ici 2030. Ce secteur, encore embryonnaire en Algérie, pourrait devenir un pilier de la décarbonation industrielle, notamment pour les exportations vers l’Europe. « L’hydrogène vert est une opportunité pour le Maroc de se positionner comme fournisseur clé de l’UE, qui cherche à réduire sa dépendance aux énergies fossiles », souligne un expert cité par Le360.

L’Algérie à la traîne malgré un potentiel inégalé

Plusieurs facteurs expliquent ce retard. D’abord, la dépendance historique aux hydrocarbures, qui représentent encore 95 % des exportations algériennes. Ensuite, l’absence de mécanismes incitatifs pour les investisseurs privés, contrairement au Maroc où des tarifs de rachat garantis et des exonérations fiscales ont été mis en place. Enfin, les lenteurs administratives freinent les projets, comme en témoigne le parc éolien de Kabertene (Adrar), dont les travaux, lancés en 2014, ne sont toujours pas achevés.

Les leçons d’une concurrence régionale

Pour rattraper son retard, l’Algérie pourrait s’inspirer de trois axes du modèle marocain. Premièrement, la création d’une agence dédiée aux énergies renouvelables, à l’image de l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN), qui centralise les projets et facilite les partenariats public-privé. Deuxièmement, l’adoption d’un cadre juridique stable, comme la loi marocaine sur les énergies renouvelables de 2015, qui a sécurisé les investissements. Troisièmement, le développement de zones franches énergétiques, comme celle de Ouarzazate, pour attirer les industriels étrangers.

Un impératif économique et climatique

Le cas marocain montre que la transition énergétique peut être un levier de croissance, à condition de dépasser les blocages bureaucratiques et de mobiliser des financements mixtes. Pour l’Algérie, le défi est double : rattraper le retard accumulé et éviter de devenir un simple spectateur d’une révolution énergétique qui redessine déjà les équilibres régionaux.

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