Amina Belkadi vise les JO 2024 en judo

L’Algérienne Amina Belkadi se positionne comme l’une des principales chances de médaille pour l’Algérie aux Jeux olympiques de Paris 2024. Selon El Watan, la judokate, âgée de 26 ans, progresse régulièrement dans le classement qualificatif, une étape cruciale pour obtenir son billet pour les JO. Son parcours récent, marqué par des performances solides sur le circuit international, la place en bonne position pour représenter l’Algérie dans la catégorie des -57 kg.

Belkadi a accumulé des points décisifs lors des derniers tournois majeurs, notamment aux Championnats d’Afrique et aux Grand Prix mondiaux. En avril 2024, elle a remporté une médaille de bronze au Grand Prix de Tbilissi, en Géorgie, une compétition relevée qui lui a permis de grimper dans le classement olympique. D’après les données de la Fédération internationale de judo (IJF), elle figure actuellement parmi les 18 premières mondiales de sa catégorie, un rang qui lui assure une qualification quasi certaine si elle maintient sa régularité.

La judokate algérienne, formée au club de judo de Blida, a déjà une expérience olympique. Elle avait participé aux Jeux de Tokyo en 2021, où elle avait été éliminée au deuxième tour. Depuis, elle a affiné sa technique et renforcé sa préparation physique, avec l’appui de son entraîneur, l’ancien judoka international Abdelhak Mammeri. « Amina a fait des progrès significatifs en combat rapproché et en contre-attaque. Son objectif est clair : monter sur le podium à Paris », a déclaré Mammeri à El Watan.

Le judo algérien compte quelques figures historiques, comme Soraya Haddad, médaillée de bronze aux JO de Pékin en 2008, ou encore Lyès Bouyacoub, champion d’Afrique à plusieurs reprises. Belkadi pourrait rejoindre ce cercle restreint si elle confirme ses performances. Le ministère de la Jeunesse et des Sports, dirigé par Abderrazak Sebgag, a d’ailleurs mis en place un programme de soutien aux athlètes olympiques, incluant des stages à l’étranger et un accompagnement médical renforcé. « Nous misons sur Amina et d’autres athlètes pour porter haut les couleurs de l’Algérie à Paris », a indiqué un responsable du ministère à l’APS.

Une préparation ciblée pour les JO

La qualification pour les Jeux olympiques repose sur un système de points accumulés lors des compétitions labellisées par l’IJF. Les athlètes doivent figurer parmi les 18 premiers mondiaux de leur catégorie pour obtenir leur place, avec une limite de deux judokas par pays et par catégorie. Belkadi a su tirer profit de ce système en participant à un maximum de tournois, malgré les contraintes logistiques et financières. « Voyager pour des compétitions en Europe ou en Asie n’est pas toujours facile, mais c’est nécessaire pour gagner des points », explique-t-elle dans une interview accordée à El Moudjahid.

Son prochain défi sera le Grand Slam de Paris, prévu en février 2024, une compétition qui attire les meilleurs judokates du monde. Une performance solide lors de cet événement pourrait lui offrir une marge de sécurité avant la clôture des qualifications, prévue en juin 2024. « Paris est un tournoi difficile, mais c’est aussi une opportunité de se mesurer aux meilleures avant les JO », souligne son entraîneur.

Le judo algérien en quête de renouveau

L’Algérie a connu des périodes fastes en judo, avec des médailles aux Jeux olympiques, aux Championnats du monde et aux Jeux africains. Cependant, ces dernières années, les résultats ont été moins réguliers. La fédération algérienne de judo, présidée par Mohamed Tahar Benatia, a lancé un plan de relance en 2022, axé sur la détection des jeunes talents et la formation des entraîneurs. « Nous voulons retrouver notre place parmi les nations fortes du judo mondial », a déclaré Benatia lors d’une conférence de presse en 2023.

Amina Belkadi incarne cette volonté de renouveau. Son parcours est suivi de près par les médias algériens, qui voient en elle une candidate sérieuse pour une médaille olympique. Si elle parvient à se qualifier et à performer à Paris, elle pourrait inspirer une nouvelle génération de judokates algériennes. « Le judo féminin en Algérie a besoin de modèles. Amina peut jouer ce rôle », estime Fatima Zohra Aouadi, ancienne judokate et membre de la commission féminine de la fédération.

Les défis à relever

Malgré ses progrès, Belkadi doit encore surmonter plusieurs obstacles. La concurrence dans sa catégorie est féroce, avec des athlètes comme la Canadienne Christa Deguchi, championne du monde en 2019 et 2023, ou l’Israélienne Timna Nelson-Levy, médaillée de bronze aux Mondiaux 2022. « Il faut rester humble et travailler dur. Chaque détail compte à ce niveau », confie Belkadi.

Par ailleurs, les conditions d’entraînement en Algérie restent perfectibles. Les infrastructures sportives, bien que modernisées dans certaines villes comme Alger ou Oran, manquent parfois de matériel spécifique pour le judo. Les athlètes doivent souvent se rendre à l’étranger pour bénéficier de stages de haut niveau. « Nous avons besoin de plus de soutien pour rivaliser avec les nations asiatiques ou européennes », souligne Mammeri.

Un enjeu national

La qualification et la performance d’Amina Belkadi aux JO 2024 revêtent une importance symbolique pour l’Algérie. Après une édition de Tokyo marquée par des résultats en dessous des attentes, les attentes sont grandes pour Paris. Le pays n’a remporté qu’une seule médaille aux Jeux de 2021, en bronze, grâce à l’athlète Imane Khelif en boxe. Une médaille en judo serait donc un signal fort pour le sport algérien.

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a d’ailleurs souligné l’importance de soutenir les athlètes dans leur préparation. Lors d’une rencontre avec des sportifs en 2023, il avait insisté sur la nécessité de « mettre tous les moyens nécessaires pour que nos représentants brillent sur la scène internationale ». Le Comité olympique algérien (COA), dirigé par Mustapha Berraf, a également mis en place un programme de suivi personnalisé pour les athlètes en lice pour les JO.

Amina Belkadi, consciente de ces enjeux, reste concentrée sur son objectif. « Je ne pense pas à la pression. Je me focalise sur mon judo et sur chaque combat. Si je fais ce que j’ai à faire, le reste suivra », déclare-t-elle. Son parcours, marqué par la détermination et le travail, pourrait bien écrire une nouvelle page de l’histoire du sport algérien.

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