Le Togo engage une refonte profonde de son système de formation professionnelle, une initiative qui pourrait servir de modèle pour l’Algérie, confrontée à des défis similaires en matière d’employabilité des jeunes. Selon Journal du Togo, les réformes annoncées récemment visent à moderniser les filières techniques et à renforcer les partenariats avec le secteur privé, des axes prioritaires pour un pays où près de 60 % de la population a moins de 25 ans.
Une restructuration des filières techniques
En Algérie, où le taux de chômage des jeunes dépasse les 25 %, une telle approche pourrait apporter des réponses concrètes. Le pays dispose déjà d’un réseau d’instituts de formation professionnelle, mais leur adéquation avec les attentes des entreprises reste limitée. Selon un rapport du ministère du Travail algérien publié en 2023, seulement 30 % des diplômés de ces filières trouvent un emploi dans l’année suivant leur formation. Une refonte des programmes, inspirée du modèle togolais, pourrait améliorer cette situation en intégrant davantage de stages obligatoires et de modules adaptés aux secteurs porteurs comme les technologies vertes ou l’industrie 4.0.
Partenariats public-privé : un levier clé
En Algérie, les partenariats entre les centres de formation et les entreprises restent timides. Pourtant, des secteurs comme l’agriculture, le BTP ou les services numériques pourraient bénéficier de telles alliances. Des initiatives isolées existent, comme le partenariat entre l’Institut national de la formation professionnelle (INFP) et des entreprises pétrolières pour former des soudeurs et des mécaniciens, mais elles restent insuffisantes face à l’ampleur des besoins. Une généralisation de ce modèle, avec des incitations fiscales pour les entreprises participantes, pourrait dynamiser l’insertion professionnelle des jeunes Algériens.
Digitalisation et accès à la formation
L’Algérie, avec un taux de pénétration d’Internet dépassant les 70 %, dispose d’un potentiel important pour développer des solutions similaires. Des projets comme la plateforme « E-Learning Algérie » existent déjà, mais leur utilisation reste marginale dans le domaine de la formation professionnelle. Une collaboration avec des acteurs privés, comme les opérateurs télécoms ou les start-ups spécialisées dans l’éducation en ligne, pourrait accélérer la mise en place de programmes accessibles à tous. Cela serait particulièrement utile pour les jeunes des wilayas du Sud, où les centres de formation sont moins nombreux.
Enjeux pour l'Algérie : adapter les bonnes pratiques
Enfin, la question du financement mérite une attention particulière. Le Togo a mobilisé des fonds publics et privés pour ses réformes, une stratégie que l’Algérie pourrait reproduire en associant davantage les banques et les fonds d’investissement. Des mécanismes de microcrédits pour les jeunes entrepreneurs formés dans des secteurs innovants pourraient également être mis en place, comme c’est le cas au Rwanda ou au Sénégal.
Un exemple à suivre avec prudence
Cependant, les défis restent nombreux. La bureaucratie, souvent pointée du doigt pour son inertie, pourrait freiner les initiatives. De même, la résistance au changement de certains acteurs du secteur éducatif pourrait compliquer les réformes. Pour surmonter ces obstacles, une approche progressive, avec des projets pilotes dans des wilayas dynamiques comme Alger, Oran ou Annaba, pourrait être envisagée avant une généralisation à l’échelle nationale.
Les réformes togolaises rappellent que la formation professionnelle ne peut plus être considérée comme un simple palliatif au chômage des jeunes, mais comme un pilier du développement économique. Pour l’Algérie, l’enjeu est de taille : transformer son système de formation pour en faire un véritable tremplin vers l’emploi et l’innovation.