Le diplomate tunisien Elyes Ghariani a récemment mis en avant le rôle potentiel d’une résolution sur le Sahara occidental pour débloquer les tensions persistantes en Afrique du Nord. Selon Leaders.com.tn, ses propos s’inscrivent dans une réflexion plus large sur les dynamiques géopolitiques qui opposent l’Algérie, le Maroc et les acteurs internationaux impliqués dans ce dossier. Pour Alger, cette question dépasse le cadre territorial et touche à des enjeux de sécurité, d’économie et de positionnement stratégique.
Un conflit aux répercussions régionales
Ghariani souligne que l’absence de résolution bloque les projets d’intégration économique, comme le gazoduc Nigeria-Maroc ou les corridors transsahariens. Ces infrastructures, censées relier l’Afrique de l’Ouest à l’Europe via l’Algérie, sont paralysées par les tensions diplomatiques. Pour Alger, une solution équitable pourrait relancer ces chantiers et renforcer son rôle de hub énergétique.
L’Algérie face à un dilemme stratégique
Ghariani suggère qu’une résolution onusienne, même partielle, pourrait apaiser les tensions et permettre à l’Algérie de se concentrer sur ses priorités internes. Le pays fait face à des défis économiques, avec une dépendance persistante aux hydrocarbures et un taux de chômage des jeunes dépassant les 30 %. Une détente régionale faciliterait les investissements étrangers et la diversification économique, notamment dans les énergies renouvelables, un secteur où l’Algérie dispose d’un potentiel solaire considérable.
Les obstacles à une solution durable
Ghariani note que les Nations unies, via l’envoyé personnel du secrétaire général, peinent à relancer les négociations. Les dernières tentatives, en 2022 et 2023, ont échoué en raison de désaccords sur le format des discussions. Pour l’Algérie, toute solution doit inclure une garantie de neutralité des acteurs extérieurs, notamment la France, accusée de partialité en faveur du Maroc.
Un impact sur la sécurité sahélienne
Les propos de Ghariani interviennent alors que l’Algérie a récemment intensifié ses efforts diplomatiques, notamment avec une tournée du ministre des Affaires étrangères en Afrique de l’Ouest. Ces initiatives visent à contrer l’influence marocaine dans la région, où Rabat a multiplié les accords économiques et militaires, notamment avec le Sénégal et la Côte d’Ivoire.
Vers une relance des négociations ?
Ghariani appelle à une médiation plus active de l’Union africaine, dont l’Algérie est un membre influent. L’UA, qui a rétabli la République arabe sahraouie démocratique (RASD) dans ses rangs en 2017, pourrait jouer un rôle clé en proposant un cadre de discussion inclusif. Pour Alger, cette approche permettrait de contourner les blocages onusiens et de replacer le dossier dans un cadre panafricain.
En attendant, l’Algérie maintient sa ligne de soutien au Polisario, tout en évitant une escalade militaire. Les exercices conjoints avec la Russie et les achats d’armements, comme les systèmes de défense aérienne S-400, montrent une volonté de dissuasion, mais aussi les limites d’une solution purement sécuritaire. Sans percée diplomatique, le statu quo risque de s’installer, au détriment des populations sahraouies et de la stabilité régionale.