L’Algérie franchit une étape clé dans son plan de transition énergétique avec l’approbation, par l’Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques (ARP), de 15 concessions dédiées à la production d’énergie solaire. Selon webdo, cette décision, intervenue récemment, marque un tournant dans la stratégie nationale visant à diversifier le mix énergétique et à réduire la dépendance aux hydrocarbures. Ces concessions, attribuées à des opérateurs publics et privés, s’inscrivent dans le cadre du programme national des énergies renouvelables, révisé en 2020 pour porter la capacité solaire à 15 000 MW d’ici 2035.
Des projets ancrés dans les régions du Sud
L’ARP a précisé que ces concessions ont été attribuées après un processus de sélection rigoureux, incluant des critères techniques, économiques et environnementaux. Les opérateurs retenus, dont certains sont des consortiums associant des entreprises algériennes et étrangères, devront respecter des délais stricts pour la mise en service des centrales. Selon les documents consultés par webdo, les premiers projets devraient être opérationnels d’ici 2028, avec un calendrier échelonné jusqu’en 2032.
Un cadre réglementaire en évolution
Cependant, des défis persistent. Les opérateurs pointent du doigt des lenteurs administratives dans l’obtention des autorisations foncières et environnementales, ainsi que des difficultés liées au raccordement des centrales au réseau national. Selon des sources industrielles citées par webdo, certains projets ont déjà accusé des retards de plusieurs mois en raison de ces obstacles. Par ailleurs, la question du financement reste sensible, malgré les partenariats publics-privés envisagés. Les banques algériennes, encore prudentes face aux risques liés aux énergies renouvelables, exigent des garanties solides avant d’accorder des prêts.
Enjeux économiques et géopolitiques
Sur le plan géopolitique, cette accélération du solaire pourrait renforcer la position de l’Algérie comme acteur clé dans la transition énergétique en Afrique. Le pays dispose d’un potentiel solaire parmi les plus élevés au monde, avec une irradiation moyenne de 5 à 7 kWh/m² par jour. Des discussions sont en cours avec des pays voisins, comme la Tunisie et le Maroc, pour exporter de l’électricité verte via des interconnexions régionales. Cependant, ces projets se heurtent encore à des défis logistiques et politiques, notamment en matière de stabilité des réseaux et de coordination entre les différents opérateurs.
Des retombées locales à concrétiser
Un autre enjeu concerne l’impact environnemental de ces projets. Si les centrales solaires sont présentées comme une solution propre, leur installation nécessite des aménagements importants, notamment en termes de défrichement et d’utilisation des ressources en eau. Dans des régions déjà fragilisées par la désertification, comme Tamanrasset, ces questions suscitent des débats parmi les experts et les associations locales. L’ARP a indiqué que des études d’impact environnemental ont été menées pour chaque projet, mais certains observateurs appellent à un suivi plus rigoureux des engagements pris.
Vers une accélération des investissements ?
Pour y parvenir, les autorités misent sur une combinaison de financements publics, de partenariats internationaux et d’investissements privés. Des discussions sont en cours avec des institutions comme la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale pour obtenir des prêts à taux préférentiels. Cependant, le succès de cette stratégie dépendra en grande partie de la capacité de l’Algérie à lever les obstacles administratifs et à offrir un cadre attractif pour les investisseurs. Dans un contexte marqué par la volatilité des prix du pétrole, l’enjeu est de taille : transformer le potentiel solaire du pays en une véritable industrie compétitive et durable.