L’Algérie accélère sa transition énergétique avec le lancement de cinq nouvelles centrales solaires d’ici la fin de l’année 2026, selon Algerie Patriotique. Ces projets, portés par la Société nationale de l’électricité et du gaz (Sonelgaz), s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à diversifier le mix énergétique du pays et à réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Avec une capacité totale prévue de 1 200 mégawatts (MW), ces installations marquent une étape concrète dans la mise en œuvre du programme national des énergies renouvelables.
Des projets ancrés dans les régions du Sud
La centrale d’Adrar, déjà en partie opérationnelle avec le parc de 20 MW inauguré en 2023, verra sa capacité portée à 300 MW d’ici la fin de l’année. À Tamanrasset, une centrale de 250 MW est en cours de construction, tandis qu’Illizi et Ouargla accueilleront chacune une installation de 200 MW. Enfin, Béchar abritera une centrale de 250 MW, complétant ainsi le dispositif. Ces projets s’ajoutent aux 400 MW déjà installés dans le pays, portant la capacité solaire totale à 1 600 MW d’ici 2027.
Une réponse aux défis énergétiques et économiques
Les centrales solaires permettront de libérer des volumes importants de gaz naturel, actuellement utilisé pour la production d’électricité, afin de les exporter ou de les réserver à des usages industriels à plus forte valeur ajoutée. Le ministre de la Transition énergétique, Mohamed Arkab, a souligné lors d’une récente intervention que ces projets contribueront à « réduire la pression sur les ressources fossiles et à optimiser la balance commerciale du pays ». En effet, l’Algérie a importé pour plus de 2 milliards de dollars d’équipements énergétiques en 2025, une facture que les énergies renouvelables pourraient contribuer à alléger à moyen terme.
Un modèle de financement mixte
Le coût total des cinq centrales est estimé à 1,5 milliard de dollars, dont une partie sera couverte par des prêts concessionnels accordés par la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque islamique de développement (BID). Ces financements s’inscrivent dans le cadre du Plan de développement des énergies renouvelables 2020-2030, qui prévoit d’atteindre une capacité installée de 15 000 MW d’ici la fin de la décennie, dont 12 000 MW d’origine solaire.
Des retombées locales attendues
Les autorités locales misent également sur le développement de filières industrielles liées aux énergies renouvelables. À Adrar, par exemple, un pôle technologique dédié aux énergies vertes est en cours de création, avec l’ambition d’attirer des investissements dans la fabrication de composants solaires. « Ces projets ne sont pas seulement des infrastructures énergétiques, mais aussi des leviers de développement régional », a déclaré le wali d’Adrar, Abdelkader Kadi, lors d’une visite sur le site de la centrale.
Les défis de la transition
Un autre défi réside dans la formation des compétences locales. Bien que des partenariats aient été signés avec des universités et des centres de formation, comme l’École nationale polytechnique d’Alger, le secteur manque encore de techniciens et d’ingénieurs spécialisés dans les énergies renouvelables. Le ministère de la Formation professionnelle a annoncé la création de cinq nouveaux instituts dédiés à ce domaine, mais leur mise en place prendra plusieurs années.
Enfin, la question du stockage de l’énergie reste cruciale. Les centrales solaires ne produisent de l’électricité que pendant les heures d’ensoleillement, ce qui nécessite des solutions de stockage pour assurer un approvisionnement continu. Sonelgaz a lancé un appel d’offres pour la construction de stations de stockage par batteries, mais aucun projet n’a encore abouti. Des discussions sont en cours avec des partenaires internationaux pour développer des solutions hybrides, combinant solaire et hydrogène vert.
Un signal pour les investisseurs
Plusieurs entreprises étrangères ont déjà manifesté leur intérêt pour le marché algérien. Le groupe français TotalEnergies a signé un mémorandum d’entente avec Sonelgaz pour développer des projets solaires et éoliens, tandis que l’allemand Siemens Energy explore des opportunités dans l’hydrogène vert. Ces partenariats pourraient accélérer la transition énergétique du pays, à condition que les conditions réglementaires et économiques restent attractives.