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**L’Algérie face à son miroir : quand l’actualité révèle les fractures d’un pays-continent**
L’Algérie, ce géant nord-africain aux pieds d’argile, se débat dans une actualité aussi foisonnante que contradictoire. Les dix domaines scrutés ici ne sont pas de simples rubriques juxtaposées : ils dessinent, par leurs échos et leurs dissonances, les contours d’une société tiraillée entre héritage et modernité, souveraineté et dépendance, fierté nationale et vulnérabilités structurelles. Derrière les annonces tonitruantes – licences 5G, ouverture du capital de la BDL, exploits sportifs – percent les questions qui fâchent : comment concilier développement économique et justice sociale ? Comment transformer une rente énergétique en levier d’innovation ? Comment faire de la culture un rempart contre l’uniformisation globale, sans tomber dans le folklore ?
Cette revue de presse n’est pas un inventaire à la Prévert. C’est une radiographie des tensions qui traversent l’Algérie, où chaque domaine, loin d’être étanche, dialogue avec les autres – parfois en harmonie, souvent en conflit. Le cinéma algérien, par exemple, ne peut se comprendre sans le football, ni la gastronomie sans les télécommunications. Et partout, la question du temps s’impose : l’Algérie avance-t-elle trop vite pour ses institutions, ou trop lentement pour ses ambitions ?
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**1. L’ÉCONOMIE, OU L’ART DE NAVIGUER ENTRE RENTE ET RÉVOLUTION NUMÉRIQUE**
**La Bourse d’Alger, laboratoire d’une souveraineté économique en question**
Cette ambiguïté se retrouve dans les télécommunications. L’attribution des licences 5G à Mobilis, Ooredoo et Djezzy est une avancée majeure, mais elle intervient dans un contexte de concentration oligopolistique où les trois opérateurs se partagent un marché de 50 millions d’abonnés. La comparaison avec la Côte d’Ivoire, où l’ARTCI sanctionne Moov, MTN et Orange pour abus de position dominante, est cruelle. L’Algérie, elle, semble privilégier la stabilité à la concurrence – au risque de freiner l’innovation.
**Le paradoxe des financements africains : quand l’Algérie regarde ailleurs**
Pourtant, l’Algérie a les moyens de rebattre les cartes. Son fonds souverain (le FNI) gère plus de 70 milliards de dollars, et ses réserves de change, bien que fluctuantes, restent parmi les plus élevées du continent. Mais la question est moins financière que politique : l’Algérie osera-t-elle investir massivement dans les infrastructures africaines, au risque de froisser ses partenaires traditionnels (Europe, Chine) ? Ou restera-t-elle cantonnée à un rôle de spectateur privilégié ?
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**2. CULTURE ET IDENTITÉ : ENTRE RÉSISTANCE ET RÉCUPÉRATION**
**Cinéma algérien : le réveil d’une conscience, mais pour quel public ?**
Pourtant, cette vitalité culturelle se heurte à un écueil : l’absence de public local. Les salles de cinéma, en dehors d’Alger et d’Oran, sont quasi inexistantes. Les films algériens circulent davantage sur Netflix ou dans les festivals européens que dans les villes du Sud. Comment expliquer ce paradoxe ? Peut-être parce que le cinéma algérien, pour exister, doit d’abord se libérer du regard occidental – celui qui attend toujours des récits de guerre ou de misère.
**Gastronomie et archéologie : deux faces d’une même mémoire**
À l’inverse, l’archéologie algérienne, avec ses nouvelles fouilles sur les chasseurs-cueilleurs ibéromaurusiens, rappelle que l’Algérie est un carrefour millénaire. Mais ces découvertes peinent à trouver un écho dans l’imaginaire collectif. Pourquoi ? Parce que l’histoire officielle, depuis l’indépendance, a souvent privilégié le récit nationaliste (la guerre de libération) au détriment des strates plus anciennes. Résultat : l’Algérie sait qu’elle est un pays ancien, mais elle ne sait pas encore comment en faire un atout.
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**3. LE FOOTBALL, OPIUM DU PEUPLE OU LEVIER DE SOFT POWER ?**
Le football algérien est en pleine effervescence. Les performances des Fennecs, saluées par le président Tebboune, et la popularité de joueurs comme Riyad Mahrez ou Ismaël Bennacer, en font un outil de diplomatie culturelle. Mais derrière les exploits sportifs se cache une réalité moins glorieuse : le football algérien reste un secteur sous-financé, où les clubs dépendent des subventions publiques et où les infrastructures vieillissantes contrastent avec les stades flambant neufs du Maroc ou d’Égypte.
Pourtant, le football pourrait être un levier de développement. En attirant des sponsors internationaux (comme l’a fait le Qatar avec le PSG), en modernisant les centres de formation, en exportant des talents… Mais cela suppose une rupture avec le clientélisme qui gangrène le sport algérien. Le contraste avec le Sénégal, où les coopératives semencières révolutionnent l’agriculture (cf. actualité sur le Sahel), est frappant : là où Dakar mise sur l’innovation locale, Alger semble encore hésiter entre nostalgie des années glorieuses (la CAN 1990) et adaptation aux réalités du XXIe siècle.
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**4. CLIMAT ET TOURISME : L’ALGÉRIE FACE À SES DÉFIS EXISTENTIELS**
**Le changement climatique, angle mort de la souveraineté algérienne**
L’Algérie a pourtant un atout : son potentiel en énergies renouvelables. Avec 3 000 heures d’ensoleillement par an, elle pourrait devenir un leader de l’hydrogène vert. Mais là encore, les contradictions apparaissent : comment concilier transition écologique et dépendance aux hydrocarbures, qui représentent encore 90 % des exportations ?
**Tourisme : l’Algérie, ce géant endormi**
Pourquoi ? Parce que le tourisme algérien souffre de trois maux :
1. L’insécurité juridique : les investisseurs étrangers hésitent à s’engager, faute de garanties.
2. Le manque d’infrastructures : les routes, les hôtels, les transports restent vétustes.
3. L’absence de promotion : l’Algérie ne vend pas son image, contrairement à ses voisins tunisiens ou marocains.
Pourtant, le potentiel est immense. Un tourisme culturel et écologique, centré sur les sites archéologiques et les parcs naturels (comme le Tassili n’Ajjer), pourrait créer des milliers d’emplois. Mais cela suppose une volonté politique forte – et un abandon des logiques rentières.
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**5. POLITIQUE ÉTRANGÈRE : L’ALGÉRIE ENTRE DEUX SIÈGES**
La politique étrangère algérienne est un exercice d’équilibriste. D’un côté, elle affiche une solidarité sans faille avec la Palestine et une méfiance vis-à-vis d’Israël (cf. la réaction à la guerre en Iran). De l’autre, elle cultive des relations ambiguës avec les puissances occidentales, notamment la France, dont elle dépend économiquement.
Les actualités sur la Chine et le Royaume-Uni, ou sur les négociations du Qatar avec Washington, montrent une Algérie en quête d’alliés. Mais cette quête se heurte à deux obstacles :
1. L’absence de vision stratégique : l’Algérie réagit aux crises (Libye, Sahel, Sahara occidental) plutôt qu’elle ne les anticipe