Charles Bihina révolutionne la lutte contre les discriminations par les jeux

Un développeur camerounais installé en Algérie fait parler de lui en concevant des jeux vidéo immersifs pour sensibiliser aux discriminations. Charles Bihina, fondateur de la startup AfroGames, utilise les technologies interactives pour aborder des thèmes comme le racisme, le sexisme ou l’exclusion sociale. Selon We are Tech, son approche innovante combine pédagogie et divertissement, offrant une alternative aux méthodes traditionnelles de sensibilisation.

Des jeux pour éduquer et transformer les mentalités

Cette méthode s’appuie sur des études en psychologie cognitive, qui démontrent que l’empathie générée par l’immersion est plus durable que les discours théoriques. En Algérie, où les débats sur les inégalités sociales et les préjugés restent vifs, ces outils pourraient trouver un écho particulier. Les écoles, les entreprises et les associations locales pourraient les intégrer dans leurs programmes de formation, notamment dans le cadre de la lutte contre les violences basées sur le genre ou l’exclusion des personnes handicapées.

Une opportunité pour l’écosystème numérique algérien

Charles Bihina collabore déjà avec des acteurs locaux, comme l’incubateur Djezzy Innov’Lab, pour adapter ses jeux au contexte algérien. « Nous travaillons sur une version arabisée de Breaking Barriers, avec des scénarios inspirés de situations réelles en Algérie », précise-t-il. Cette adaptation culturelle est cruciale pour que les messages résonnent auprès du public cible. Par exemple, un jeu abordant les discriminations envers les femmes dans le milieu professionnel pourrait inclure des cas spécifiques au marché du travail algérien, où les inégalités de genre persistent malgré les progrès législatifs.

Un modèle à suivre pour les startups algériennes

Plusieurs défis subsistent cependant. Le financement reste un obstacle majeur pour les startups algériennes, qui peinent souvent à accéder à des fonds suffisants pour développer des projets ambitieux. De plus, la méconnaissance des serious games par les institutions publiques limite leur adoption à grande échelle. Pourtant, des exemples internationaux, comme le jeu That Dragon, Cancer sur le deuil ou Hellblade: Senua’s Sacrifice sur les troubles psychiques, montrent que ces outils peuvent avoir un impact profond.

Vers une intégration dans les politiques publiques ?

Charles Bihina ne compte pas s’arrêter là. Il envisage de développer une plateforme en ligne où les utilisateurs pourraient créer leurs propres scénarios de jeu, adaptés à leurs besoins spécifiques. « L’idée est de démocratiser l’outil, pour que chacun puisse l’utiliser à son échelle », déclare-t-il. Une telle initiative pourrait positionner l’Algérie comme un hub régional pour les technologies sociales, à condition que les acteurs locaux saisissent cette opportunité.

En attendant, son travail rappelle que les TIC ne sont pas seulement des outils économiques, mais aussi des vecteurs de transformation sociale. Pour l’Algérie, qui cherche à concilier développement technologique et progrès humain, les jeux immersifs pourraient bien être une pièce maîtresse de cette équation.

Laisser un commentaire