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**L’Algérie, ou l’art de gouverner par l’inertie**
Le fil rouge ? Une crise de légitimité qui traverse tous les domaines, et que le pouvoir tente de colmater par des mesures techniques (contrôle des devises, réformes bancaires, vaccination) plutôt que par un projet politique. Mais dans un pays où 70% de la population a moins de 35 ans, où les transferts de la diaspora dépassent les investissements étrangers, et où les femmes – bien que majoritaires à l’université – restent des citoyennes de seconde zone, cette stratégie a une date de péremption.
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**1. Élections et démocratie : le théâtre de l’absurde**
Pourtant, cette inertie électorale cache une bataille souterraine : celle des transferts de la diaspora (900 milliards de dollars annuels pour l’Afrique, dont une part croissante pour l’Algérie). Le Premier ministre a beau minimiser leur impact, ces fonds – souvent informels – financent des micro-projets, des études, des mariages, et surtout, contournent les circuits bancaires étatiques. En 2026, avec l’article 129 de la loi de finances (obligation de justifier les devises à l’aéroport), l’État tente de reprendre le contrôle. Mais comment contrôler ce qui, par définition, fuit les institutions ?
Contradiction majeure : Le pouvoir veut capter les devises de la diaspora, mais refuse de lui accorder des droits politiques (double nationalité, vote à distance). Résultat ? Une économie de l’ombre qui prospère, tandis que l’État, faute de légitimité, se raidit.
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**2. Banque et devises : le capitalisme de surveillance à l’algérienne**
D’où une obsession du contrôle :
– Contrôle des devises → pour éviter la fuite des capitaux (comme en 2022, quand des entrepreneurs ont fui vers Dubaï).
– Contrôle des banques → pour empêcher le financement de projets indépendants (médias, ONG, startups).
– Contrôle des frontières → pour limiter les sorties de cash (d’où les nouvelles règles aéroportuaires).
Mais ce système a un talon d’Achille : la finance islamique. En promouvant les sukuks (obligations islamiques) et les banques halal, l’Algérie tente d’attirer les investissements du Golfe. Pourtant, ces fonds sont souvent opaques, liés à des réseaux wahhabites ou à des États qui jouent double jeu (comme le Qatar, proche du Hamas). Le risque ? Que l’Algérie, en cherchant des liquidités, s’endette auprès de créanciers qui dictent leur agenda politique.
Paradoxe : L’État algérien veut moderniser son système bancaire, mais refuse la transparence. Résultat ? Une économie schizophrène, où les startups tech (comme Cash Plus, introduite en bourse) côtoient des circuits informels qui représentent 30% du PIB.
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**3. Maroc-Algérie : une guerre froide qui s’enlise**
– Ghar Djebilet : Ce gisement de fer à la frontière marocaine est devenu un symbole. L’enlèvement de l’expert Djelloul Slama (qui dénonçait les concessions algériennes) rappelle les méthodes des régimes autoritaires – intimidation, disparition, désinformation. Comme si l’Algérie, incapable de rivaliser économiquement avec le Maroc (qui attire les investissements européens), choisissait la guerre par procuration (via le Polisario, les médias, les cyberattaques).
– Les transferts d’argent : Les Marocains de l’étranger envoient 10 milliards de dollars par an, contre 2 milliards pour les Algériens. Pourquoi ? Parce que le Maroc a libéralisé son économie (banques, télécoms, tourisme), tandis que l’Algérie reste prisonnière de son modèle rentier. Résultat : la diaspora algérienne, plus nombreuse, envoie moins d’argent – et quand elle le fait, c’est hors des circuits officiels.
– La géopolitique du Maghreb : L’Algérie mise sur la Russie et la Chine pour contrer l’influence marocaine (proche des États-Unis et d’Israël). Mais cette stratégie a un coût : l’isolement. Le Maroc, lui, mise sur les accords d’Abraham et les investissements saoudiens pour devenir le hub africain. L’Algérie, elle, reste enfermée dans son récit nationaliste, incapable de proposer une alternative crédible.
Question clé : Jusqu’où l’Algérie peut-elle pousser cette logique de confrontation sans s’asphyxier économiquement ?
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**4. Femmes algériennes : entre avancées cosmétiques et régression structurelle**
Pourquoi ce décalage ? Parce que l’Algérie pratique un féminisme d’État, où les droits des femmes sont instrumentalisés pour servir le récit national :
– L’index de l’égalité professionnelle ? Une coquille vide, comme en France, où les entreprises algériennes (souvent publiques) trichent sur les chiffres.
– La réforme socio-économique ? Elle cible la « classe moyenne », mais oublie les femmes rurales, premières victimes de la précarité.
– La santé ? Les campagnes de vaccination contre le papillomavirus (HPV) sont sabotées par les conservateurs religieux, qui y voient une « promotion de la débauche ».
Scandale silencieux : Les naissances prématurées et les complications lors des accouchements (comme au Zimbabwe) révèlent un système de santé à deux vitesses – l’un pour les élites urbaines, l’autre pour les femmes pauvres, souvent analphabètes.
Le vrai combat n’est pas juridique (l’Algérie a ratifié la CEDAW), mais culturel : tant que les imams prêcheront contre la mixité et que les médias glorifieront la femme au foyer, les lois resteront des lettres mortes.
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**5. Agriculture et énergie : le soleil volé**
– Le lobby des hydrocarbures : Sonatrach et les généraux qui la contrôlent bloquent toute transition énergétique, de peur de perdre leur rente.
– L’irrigation : Le plan de 310 millions de dollars pour l’agriculture du Sud est une opération de communication. Les nappes phréatiques s’épuisent, et les projets solaires (comme celui d’Enko Capital en Angola) sont sabotés par des bureaucrates corrompus.
– Le scandale de 1882 : En 1882, un ingénieur français, Augustin Mouchot, avait présenté un prototype de centrale solaire à l’Exposition universelle. Le lobby du charbon (déjà) avait fait pression pour enterrer le projet. L’Algérie reproduit la même erreur : sacrifier l’avenir au profit d’intérêts immédiats.
Conséquence : Le pays importe 50% de ses besoins alimentaires, alors qu’avec une révolution agricole solaire, il pourrait devenir autosuffisant.
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**6. Santé : la vaccination comme outil de contrôle social**
– La grippe saisonnière : Le lancement de la campagne 2025/2026 intervient alors que le système de santé est au bord de l’effondrement. Les hôpitaux manquent de médicaments, les médecins fuient à l’étranger (1 500 par an), et les cliniques privées, réservées aux riches, prospèrent.
– Le HPV : La campagne contre le cancer du col de l’utérus est sabotée par les conservateurs, qui y voient une menace pour la « moralité ». Résultat : les femmes