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**L’Algérie, laboratoire des tensions entre héritage et futur**
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**L’agriculture, ou l’illusion de la maîtrise des cycles**
Cette crise hydrique n’est pas isolée. Elle résonne avec les instructions données aux walis pour intensifier les sorties de terrain sur l’approvisionnement en eau potable. L’été 2024 s’annonce comme un test : les coupures d’eau, déjà fréquentes dans certaines régions, pourraient devenir un enjeu politique. Le projet Toumiat, visant à valoriser le fer de Gara Djebilet, illustre cette schizophrénie : l’Algérie mise sur l’industrialisation pour diversifier son économie, mais au risque d’aggraver la pression sur ses ressources en eau. La question n’est plus seulement technique, mais philosophique : comment concilier développement et limites écologiques dans un pays où l’État a longtemps nié ces dernières ?
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**Le cinéma et la culture : l’Algérie entre mémoire et projection**
Le cinéma algérien, comme la recherche scientifique, souffre d’un paradoxe : il produit des œuvres et des savoirs de qualité, mais peine à les inscrire dans une économie durable. Les huit projets sélectionnés à Annaba sont autant de promesses, mais combien aboutiront ? L’Algérie manque d’un écosystème cinématographique solide – salles, financements, distribution – et dépend souvent de coproductions étrangères. La recherche scientifique, elle, est tiraillée entre des collaborations internationales (comme le doctorat binational Tunisie-Japon) et un isolement relatif. Le message ADN envoyé par Macron entre la France et le Japon, évoqué dans les actualités, rappelle que la science est aussi un enjeu géopolitique. L’Algérie, avec ses universités sous-financées et ses chercheurs en exil, risque de rater le coche de la révolution technologique.
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**L’innovation et l’éducation : le grand écart**
Le Salon du Jeune Entrepreneur à Mascara et les start-ups agroalimentaires africaines montrent une jeunesse algérienne dynamique, mais confrontée à des obstacles structurels : bureaucratie, manque de financements, difficulté à accéder aux marchés. L’entrepreneuriat algérien est un miroir grossissant des contradictions du pays : une créativité foisonnante, mais un environnement hostile. Les athlètes algériens, comme ceux soutenus par Coca-Cola pour le basketball, bénéficient d’un soutien privé, là où l’État échoue. L’USM Alger, en finale de la Coupe CAF contre Zamalek, incarne cette résilience : un club privé qui performe là où les institutions publiques stagnent.
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**L’eau et l’énergie : les deux mamelles d’une souveraineté en question**
Parallèlement, l’Algérie dépend toujours du gaz pour ses revenus. Les partenariats technologiques avec la Russie, centrés sur les start-ups, ne suffiront pas à compenser un modèle économique basé sur les hydrocarbures. La transition énergétique est un impératif, mais elle se heurte à des intérêts puissants et à un manque de vision à long terme. L’Algérie pourrait devenir un leader des énergies renouvelables (avec son ensoleillement exceptionnel), mais elle reste prisonnière de son passé rentier.
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**Les relations avec la Tunisie : entre coopération et rivalité**
La Chine, omniprésente dans les actualités (avec ses partenariats en Afrique et en Tunisie), est un acteur clé de cette équation. Elle finance des infrastructures des deux côtés de la frontière, mais sans s’immiscer dans les tensions locales. Pour l’Algérie, la Tunisie est à la fois un partenaire et un miroir : elle montre ce que pourrait être une économie plus diversifiée, mais aussi les risques d’une ouverture mal maîtrisée.
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**Synthèse prospective : l’Algérie à la croisée des chemins**
1. Le scénario de la stagnation rentière : L’Algérie continue à dépendre des hydrocarbures, gère les crises au coup par coup (sécheresse, pénuries), et rate le coche de l’innovation. Les jeunes talents émigrent, la culture reste un secteur marginal, et le pays s’enlise dans une dépendance accrue aux puissances étrangères (Chine, Russie, Europe). Ce scénario est le plus probable à court terme, tant les inerties sont fortes.
2. Le scénario de la rupture autoritaire : Face aux crises, l’État algérien durcit son contrôle, restreint les libertés (notamment dans les médias et la culture), et mise sur un nationalisme économique. Les partenariats avec la Russie et la Chine se renforcent, mais au prix d’un isolement croissant. Ce scénario est dangereux, car il pourrait déclencher des tensions sociales et politiques.
3. Le scénario de la renaissance : L’Algérie parvient à transformer ses défis en leviers. Elle investit massivement dans les énergies renouvelables, réforme son système éducatif, et fait de la culture et de l’innovation des piliers de son développement. Les start-ups algériennes deviennent des acteurs régionaux, le cinéma et la recherche scientifique rayonnent, et le pays retrouve une place centrale en Méditerranée. Ce scénario est le plus ambitieux, mais aussi le plus nécessaire.
Aucun de ces scénarios ne se réalisera à l’état pur. L’Algérie sera probablement un mélange des trois, avec des avancées dans certains domaines (l’entrepreneuriat, le sport) et des reculs dans d’autres (l’eau, l’éducation). Mais une chose est sûre : le pays ne peut plus se contenter de gérer l’urgence. Il doit choisir son avenir – ou le subir. Les actualités récentes montrent que les forces de changement existent, mais qu’elles sont encore fragmentées. Le défi, pour l’Algérie, est de les fédérer avant qu’il ne soit trop tard.