Tebboune relance l’audit de la dette algérienne

Le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné cette semaine un audit complet de la dette publique algérienne, selon des sources proches de la Présidence. Cette décision intervient alors que l’Algérie fait face à une pression croissante sur ses finances, aggravée par la volatilité des prix du pétrole et les dépenses publiques en hausse.

Un encours sous surveillance

Le Premier ministre Nadir Larbaoui a confirmé, lors d’une réunion avec les partenaires sociaux, que « toutes les options sont sur la table » pour optimiser la gestion de la dette. Parmi les pistes évoquées : un rééchelonnement partiel des échéances et une diversification des sources de financement, y compris via des partenariats publics-privés.

Les hydrocarbures en première ligne

Le ministre de l’Énergie, Mohamed Arkab, a récemment déclaré que « la transition énergétique ne doit pas se faire au détriment de la stabilité financière ». Une allusion aux investissements massifs dans les énergies renouvelables, qui pourraient alourdir la dette à court terme.

Transparence et réformes

Des économistes algériens, comme l’ancien ministre des Finances Abderrahmane Benkhalfa, appellent à une « réforme structurelle » pour réduire la dépendance aux hydrocarbures. « La dette n’est pas un problème en soi, mais son utilisation doit être productive », a-t-il déclaré dans une interview à El Watan.

Les défis à venir

Le secteur agricole, en particulier, est cité comme un levier potentiel. Le ministre de l’Agriculture, Abdelhafid Hennad, a annoncé cette semaine un plan de modernisation des filières céréalières et dattières, avec l’objectif d’atteindre une autosuffisance alimentaire d’ici 2030. « L’Algérie a les moyens de devenir un grenier pour la région », a-t-il affirmé lors d’un forum à Alger.

Réactions internationales

À l’intérieur du pays, les syndicats et les partis d’opposition restent prudents. Le secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de l’énergie (SNTE), Rachid Malaoui, a appelé à « éviter les mesures d’austérité qui pénaliseraient les citoyens ». De son côté, le Front des forces socialistes (FFS) a demandé la publication intégrale des résultats de l’audit, estimant que « le peuple algérien a le droit de savoir ».

Prochaines étapes

Pour l’Algérie, l’enjeu est double : éviter une crise de la dette tout en maintenant les investissements nécessaires à sa diversification économique. Comme le résume un haut fonctionnaire du ministère des Finances, « la dette n’est pas une malédiction, mais elle doit être un outil, pas un fardeau ».

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