L’Allemagne valide le potentiel hydrogène vert de TaqatHy

L’Algérie franchit une étape décisive dans sa stratégie de transition énergétique avec le projet TaqatHy, dédié à la production d’hydrogène vert. Une étude menée par des experts allemands a récemment confirmé les atouts du pays pour devenir un acteur clé de cette filière émergente, selon El Watan. Ce rapport, dont les conclusions ont été relayées par le quotidien, met en lumière les conditions géographiques, climatiques et infrastructurelles favorables à un déploiement ambitieux de cette technologie.

Un écosystème propice à l’hydrogène vert

Par ailleurs, l’Algérie dispose déjà d’un réseau de gazoducs et de ports, comme celui de Skikda ou d’Arzew, qui pourraient être adaptés pour le transport et l’exportation de l’hydrogène vert ou de ses dérivés, tels que l’ammoniac. Ces infrastructures existantes réduisent les coûts et les délais de mise en œuvre des projets. Enfin, la proximité géographique avec l’Europe, principal marché cible pour l’hydrogène vert, constitue un atout logistique majeur.

TaqatHy, fer de lance de la stratégie algérienne

L’étude allemande, commanditée par le ministère fédéral de l’Économie et de la Protection du climat (BMWK), a évalué la faisabilité technique et économique de TaqatHy. Elle confirme que l’Algérie pourrait produire de l’hydrogène vert à un coût compétitif, estimé entre 1,5 et 2,5 euros par kilogramme, grâce à son ensoleillement et à ses infrastructures. Ce prix positionnerait le pays comme l’un des fournisseurs les moins chers au monde, devant des concurrents comme l’Australie ou le Chili.

Des défis techniques et financiers à relever

Sur le plan financier, le coût initial des infrastructures reste élevé. La construction de parcs solaires, d’électrolyseurs et de pipelines nécessite des investissements estimés à plusieurs milliards de dollars. L’Algérie compte sur des partenariats public-privé et des financements internationaux, notamment européens, pour lever ces fonds. L’Allemagne, qui cherche à importer 70 % de son hydrogène vert d’ici 2030, pourrait jouer un rôle clé dans ce financement.

Une opportunité géopolitique pour l’Algérie

L’étude allemande met en garde contre les risques de dépendance excessive vis-à-vis d’un seul partenaire. Pour éviter une répétition des tensions liées aux exportations de gaz, l’Algérie devra diversifier ses débouchés, en ciblant notamment l’Afrique et l’Asie. Le rapport recommande également de développer une industrie locale de l’hydrogène vert, afin de créer des emplois et de réduire la dépendance aux technologies étrangères.

Vers une feuille de route concrète

L’Algérie n’est pas seule dans cette course. Des pays comme le Maroc, l’Égypte et la Mauritanie misent également sur l’hydrogène vert pour attirer les investissements étrangers. Pour se démarquer, l’Algérie devra accélérer ses réformes réglementaires et offrir un cadre juridique stable aux investisseurs. L’étude allemande insiste sur la nécessité de simplifier les procédures administratives et de garantir la sécurité des investissements à long terme.

Un pari sur l’avenir énergétique

Reste à savoir si le pays saura mobiliser les financements nécessaires et mettre en place les réformes structurelles pour concrétiser cette ambition. Les prochains mois seront décisifs, avec la finalisation de la feuille de route et le lancement des premiers appels d’offres pour les projets pilotes. Une chose est sûre : l’hydrogène vert est en train de redessiner la carte énergétique de l’Algérie, et l’étude allemande en a confirmé le potentiel.

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